HNS-info.net (Rubrique sans-papiers)
Le « patron voyou » et le « sans-papiers éjectable »
Communiqué commun Resf, La Cimade
En CDI depuis juillet 2009 dans une entreprise de BTP à Ormeaux (77), Ibrahima, travailleur sans-papiers d'origine ivoirienne, est victime le 17 décembre 2009 d'un accident du travail. Son médecin lui fait un arrêt de travail d'1 mois. Dès le lendemain, son employeur l'informe qu'il n'a plus de « mission » pour lui et lui remet immédiatement les documents de son solde de tout compte, sous motif de fin de CDD !!! Il s'empresse d'ailleurs de lui faire signer un contrat CDD rétroactif à partir de juillet 2009 et exige qu'Ibrahima lui remette l'original du contrat CDI et les fiches de paie correspondantes … ce qu'Ibrahima se garde bien de faire ! Au contraire, celui-ci alerte lui-même la Sécurité Sociale sur son accident du travail, ce qui provoque une convocation de l'employeur pour la mi-mars. Mais ce dernier n'a pas dit son dernier mot !
Le 23 février, alors qu'Ibrahima est en entretien avec une organisation syndicale, son patron l'appelle sur son portable et lui donne rendez-vous en bas de chez lui pour, prétend-t-il, aplanir les différends. Ibrahima se rend en toute confiance au rendez-vous où ... il est cueilli par la PAF (Police de l'Air et des Frontières) et placé en centre de rétention au Mesnil-Amelot (77), où il se trouve encore à ce jour, après confirmation de l'APRF (Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière) par le tribunal administratif de Melun.
En tant que citoyens et travailleurs, nous ne pouvons que nous étonner de ces pratiques. La Police Nationale est-elle bien dans son rôle quand elle aide ainsi un « patron voyou » à se débarrasser d'un travailleur sans-papiers devenu encombrant, car moins rentable, à cause d'un accident du travail ? Est-elle dans son rôle quand elle coopère avec ce même patron pour traquer un sans-papiers ? Quelle loi fait-elle respecter alors ? La loi de la République ? Non ! Les Droits de l'Homme ? Certainement pas ! Juste la loi du plus fort !
C'est ce que nous ne pouvons tolérer. C'est pourquoi nous demandons la libération immédiate d'Ibrahima et sa régularisation, ainsi que le rétablissement de son CDI et de tous ses droits sociaux, y compris les droits à réparation. Permettons à Ibrahima de continuer à vivre de son travail, en France, avec sa compagne (elle-même salariée en situation régulière) et les quatre enfants de celle-ci.
Bintou, maman malade d'une petite fille qui risque l'excision en cas de retour au Mali, menacée d'expulsion malgré son CDI
Excisée alors qu'elle était enfant, Bintou a souffert de graves complications et a obtenu, de ce fait, une carte de séjour pour étranger malade depuis l'année 2003, carte délivrée aux étrangers qui souffrent d'une grave pathologie qui ne peut être prise en charge convenablement dans leur pays d'origine. Bintou S. a toutefois découvert qu'elle était également atteinte d'une hépatite B et d'un diabète ; elle a été prise en charge du fait des ces deux pathologies.
Malgré sa maladie et son isolement, Bintou a fait preuve d'un courage et d'une détermination exemplaires puisque, dès qu'elle a obtenu son titre de séjour, elle n'a cessé de travailler en tant qu'agent de nettoyage ; elle est employée par contrat à durée indéterminée depuis l'année 2005.
Ce travail lui permet de subvenir à ses besoins et ceux de sa fille âgée d'un an, née sur le territoire français, avec laquelle elle vit dans un appartement de deux pièces qu'elle loue dans le 18ème arrondissement de PARIS.
Bintou espérait ainsi pouvoir vivre, dans des conditions sereines et dignes, notamment en empêchant que sa fille subisse une excision, ce qui serait inévitable en cas de retour au Mali.
Tous ces espoirs ont été anéantis lorsque la préfecture de police a refusé, contre toute attente, le 25 novembre 2009, de renouveler le titre de séjour étranger malade de Bintou, estimant que celle-ci pouvait désormais être prise en charge convenablement au Mali.
Cette décision a été prise sans même que la commission départementale du titre de séjour ne soit saisie pour avis, ce qui est pourtant obligatoire s'agissant des étrangers qui résident en France depuis plus de 10 ans !
Bintou a alors tenté de déposer une demande d'asile pour protéger sa fille de ce risque de mutilation génitale en cas de retour, mais les services de la préfecture de police au lieu de lui remettre un formulaire de demande d'asile comme la procédure le prévoit, ont choisi de la convoquer au 8ème bureau le vendredi 12 mars, c'est-à-dire le bureau de l'éloignement.
Par ailleurs, le juge des référés du tribunal administratif de PARIS, saisi en urgence de ce refus de séjour a refusé de suspendre cette décision au motif que "aucun des moyens soulevés par l'intéressée n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté", ordonnance que Bintou a reçu ce 8 mars, ironiquement journée internationale de la femme.
Le préfet de police n'avait pourtant apporté aucun élément justifiant de ce que la situation des structures de santé se serait améliorée au Mali, classé au 163ème rang mondial pour son système de santé par l'OMS et que Bintou pourrait désormais y être soignée convenablement, ce qui n'était pas le cas en 2008. Ainsi, non seulement Bintou, après des années de travail en France, va perdre son emploi – et par conséquent, son logement – mais elle risque d'être éloignée vers le Mali, où elle ne pourra convenablement être soignée, avec sa fille née en France âgée d'à peine plus d'un an, laquelle sera alors certainement excisée, malgré tous les effort de sa mère en ce sens (9 femmes sur 10 subissent des mutilations génitales au Mali).
Bintou, représente pourtant un modèle en cette journée internationale de la femme, par le courage et la détermination qu'elle a montrés jusqu'à présent dans son combat contre sa maladie et contre l'excision de sa fille.
Le MRAP demande donc que la loi française soit appliquée et que le titre de séjour de Bintou soit renouvelé.
Retour de Najlae : le fait du prince
Nicolas Sarkozy se déclare prêt à accueillir en France « si elle le souhaite » Najlae Lhimer, la jeune marocaine de 19 ans arrêtée le 18 février et expulsée le lendemain par la gendarmerie française alors qu'elle venait porter plainte contre les violences infligées par son frère. Ce serait une décision personnelle de Monsieur Sarkozy. Il était temps ! Voilà quinze jours que l'affaire est sur la place publique, que des manifestations ont lieu à Orléans où Najlae est scolarisée et à Château-Renard où elle « est accueillie » par toute une communauté depuis des années : plus de 500 manifestants le 6 mars dans cette ville de 2000 habitants !
L'indignation provoquée par cette affaire a finalement conduit M. Sarkozy à se souvenir de sa promesse de campagne de 2007 : la « protection et la possibilité de devenir française » pour « chaque femme martyrisée dans le monde ». Le sort de Najlae, celui de Salima Boulhazar, l'une des jumelles de Clermont-Ferrand expulsée elle aussi de façon inhumaine puis autorisée à revenir disent ce qu'est la politique de M. Sarkozy à l'égard des femmes persécutées : grandes phrases et tremolos dans la voix à la télévision. Persécutions et expulsions sordides dans la réalité.
La décision de M. Sarkozy est, aussi, soit dit en passant, un désaveu cinglant de ses ministres à l'échine bien souple, Besson et Morano, qui, la veille encore, justifiaient l'expulsion.
Elle est aussi et surtout, l'illustration d'une certaine façon de gouverner, au bon plaisir du prince qui, selon ce qu'il estime son intérêt, expulse ou au contraire « accueille ».
Elle est aussi l'illustration d'une façon hypocrite de gouverner : devant les caméras les grandes et généreuses déclarations et dans les commissariats ou les préfectures les basses œuvres qu'on voudrait invisibles. Huit ans en France, une compagne en situation régulière, malade, et quatre jeunes enfants nés sur le territoire français, trois scolarisés et un en crèche n'empêchent pas l'arrestation et la tentative d'expulsion. Pire, Monsieur Guilherme HAUKA-AZANGA, qui a refusé de monter dans l'avion, a été condamné à deux mois de prison. La préfecture du Rhône veut l'expulser à sa sortie brisant délibérément une famille.
Najlae va donc revenir. C'est la victoire de tous ceux et de toutes celles qui se sont mobilisées pour ne pas laisser faire l'insupportable. De tous ceux et de toutes celles qui ont une certaine idée de la société.
C'est en même temps un formidable encouragement pour tous les jeunes que des lois injustes privent de papiers, condamnent à la clandestinité et menacent d'expulsion.
Les exemples de Mohamed Abourar expulsé le 23 janvier et revenu le 27 février, de Salima, expulsée le 4 février et revenue le 7 mars grâce à la mobilisation de leurs enseignants, de leurs camarades, des élus, de leurs villes tout entières, témoignent avec éclat que les habitants de ce pays ne sont pas prêts à laisser se commettre n'importe quoi en leur nom.
Pour la troisième fois en moins d'un mois, un jeune arraché à sa vie va revenir. C'est la victoire de la solidarité sur l'étroitesse de politiciens à la vue basse qui ne savent pas que le monde a bougé et que la population de ce pays est mélangée, métissée, et fière de l'être.
Manif contre les camps de rétention samedi 20 mars à 15h30 au Mesnil-Amelot
Pour la liberté de circulation et d'installation, contre les frontières et les lieux d'enfermements, manifestons le Samedi 20 MARS a 15H30 devant le Centre de rétention du Mesnil-Amelot.
Rendez-vous au CRA : Rue Périchet, 77 990 Le Mesnil-Amelot (http://cartedescra.infos.st/).
RER : Aéroport Charles de Gaulle puis bus n°706 jusqu'au Mesnil Amelot, puis marche jusqu'au nouveau CRA.
POUR QUE LES DETENUS NOUS ENTENDENT AMENER DE QUOI FAIRE DU BRUIT EN SOLIDARITE AVEC LES DETENUS.
CONTRE LE NOUVEAUX CENTRE DE RETENTION
Là où même des enfants seront emprisonnés.
Ne cessons pas de revendiquer notre refus de leur politique honteuse de chasse aux migrant(e)s…
ARRET DES RAFLES ET DES EXPULSIONS
FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION
NO BORDER
Appel à soutien à M.S., homosexuel sénégalais arrêté à Lille en procédure d'expulsion
M.S. a été transféré au Centre de Rétention de Lesquin ce samedi 6 mars ; il passe devant le JLD au TGI, Avenue du peuple Belge ce LUNDI 8 MARS à 10 H à LILLE.
Communiqué des Flamands Roses
Nous, les Flamands Roses, venons d'apprendre l'arrestation de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et a été placé en garde à vue. Une mobilisation est urgente car M.S. risque d'être expulsé à tout moment : il sera présenté dans les prochaines heures devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d'un article accompagné de photos au sujet d'une fête lors de laquelle aurait été célébré un ‘mariage gay', de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd'hui.
Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l'objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.
Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d'asile qui lui a malheureusement été refusée. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière). Suite à une seconde arrestation aujourd'hui vendredi 5 mars, il se trouve actuellement en garde à vue et doit passer devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
Nous, les Flamands Roses, exigeons la libération immmédiate de M.S. Nous, les Flamands Roses, exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S.
Nous appelons toutes les personnes et toutes les organisations à se mobiliser en faveur de M.S.
Ci-dessous un modèle de lettre à envoyer ou à faxer à la Préfecture du Nord et au Minstère de l'Immigration et de l'Identité Nationale.
Les Flamands Roses
03 20 52 28 68
lesflamandsroses@yahoo.fr
19 rue de condé 59000 Lille
Modèle de lettre :
Nous venons d'apprendre l'arrestation à Lille de M.S, de nationalité sénégalaise, membre des Flamands Roses. Il a été arrêté ce vendredi 5 mars 2010 en début d'après-midi dans le quartier de Wazemmes à Lille et a été placé en garde à vue. Une mobilisation est urgente car M.S. risque d'être expulsé à tout moment : il sera présenté dans les prochaines heures devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
M.S. est arrivé en France en octobre 2009 car il a fui le Sénégal où il se trouvait en danger à cause de son homosexualité. Comme cela a été largement médiatisé en France et en Europe, le contexte social est très défavorable aux homosexuels au Sénégal : suite à la publication en février 2008 dans la presse sénégalaise d'un article accompagné de photos au sujet d'une fête lors de laquelle aurait été célébré un ‘mariage gay', de nombreux représentants politiques ou religieux avaient exprimé publiquement leur hostilité contre les homosexuels. Ceci avait conduit la population à se livrer à une véritable chasse aux homosexuels dans le pays, laquelle dure encore aujourd'hui.
Lorsqu'il était encore au Sénégal, M.S. a été l'objet de menaces et de persécutions : il a reçu des lettres de menaces, son appartement a été saccagé, et le 3 octobre 2009 il a été violemment agressé par un groupe de personnes en raison de son homosexualité.
Arrivé en France en octobre 2009, il a formulé une demande d'asile qui lui a malheureusement été refusée. Suite à une première arrestation par la police, il lui a été notifié un APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière). Suite à une seconde arrestation aujourd'hui vendredi 5 mars, il se trouve actuellement en garde à vue et doit passer devant le juge qui se prononcera sur son expulsion.
Nous exigeons la libération immmédiate de M.S. et exigeons que la France accorde le droit d'asile à M.S. : conformément à l'article 6 de la directive 2004/83/CE, le statut de réfugié, au titre de l'asile conventionnel ou de la protection subsidiaire, doit être accordé aux personnes LGBT ayant été ou risquant d'être persécutées par les pouvoirs publics de leur pays d'origine, ou par quelque autre acteur non étatique.
Recevez, Monsieur le Préfet, l'assurance de notre considération militante.
à envoyer et à faxer à :
Préfecture du Nord :
Préfet du Nord-Pas-de-Calais : Jean Michel BERARD
Fax 03 20 30 52 52
prefecture.nord@nord.pref.gouv.fr
Directeur de cabinet du Préfet du Nord :
marc.chappuis@nord.pref.gouv.fr
Secrétaire général de la Préfecture du Nord :
salvador.perez@nord.pref.gouv.fr
Ministère de l'immigration et de l'Identité Nationale :
Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Secrétaire général du Ministère :
secretariat.general@iminidco.gouv.fr
stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr
fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Ministre : eric.besson@iminidco.gouv.fr
Nouvelles luttes dans les CIE (camps de rétention) italiens. Témoignages de grévistes de la faim
Quelques nouvelles des luttes initiées il y a quelques jours dans les centres de rétention italiens (appelés là-bas, CIE = centres d'identification et d'expulsion) et puis des témoignages des grévistes de la faim du centre de rétention de la via Corelli à Milan.
Lien en italien : http://lombardia.indymedia.org/node...
À Corelli, après plusieurs jours de grève de la faim les détenu/es ont commencé à être affaiblis et fragilisés. Certaines filles du secteur des transsexuelles ont été mises sous perfusion et une a été transportée à l'hôpital. Les détenus ont demandé à être pesés et suivis en permanence par du personnel médical, comme c'est la pratique en cas de grève de la faim, mais, dans le centre de la via Corelli, ça ne se fait pas. Toutefois, malgré les difficultés, les détenus continuent avec détermination, soutenus également par la solidarité des anti-racistes qui amènent constamment de l'eau et du jus dans le centre et maintiennent des contacts continus.
À Rome aussi, vingt détenus continuent la grève. Les gestionnaires du centre apportent de la nourriture et eux la renvoient. Certains, qui avaient commencé la grève quelques jours avant les autres ne mangent plus depuis maintenant dix jours et sont très faibles. Contrairement aux détenus de Milan, à Rome ils semblent être pesés et contrôlés régulièrement, mais la nouvelle coopérative qui a pris la place de la Croix-Rouge (la Coopérative Auxilium vient de gagner l'appel pour la gestion du centre au détriment de la Croix Rouge) pour l'exploitation du centre ne permet pas que les personnes solidaires apportent des jus et des boissons de l'extérieur. Chaque détenu reçoit un seul litre d'eau par jour, divisée en deux bouteilles d'un demi litre, l'une le matin et l'autre dans la soirée. Et seulement avec ça ils poursuivent leur lutte.
À Turin, en attendant, et la grève est toujours relayée.
Bologne est un cas à part. Après deux jours, il n'y avait plus d'autres nouvelles de l'intérieur, les détenus ont répondu aux appels de solidarité. La grève a été interrompu après la première journée, sauf pour un retenu qui poursuit sa grève de la faim en solitaire, pour des raisons personnelles. La raison de cette difficulté est simple : il semble que dans ce CIE la nourriture des prisonniers soit droguée avec des tranquillisants, ce qui fait que chaque fois qu'ils se rencontrent, quels que soient l'heure et le jour ils sont complètement endormis et abrutis.
Voici quelques déclarations recueillies par les services de trans du CIE de Corelli.
« Nous sommes vingt personnes qui font la grève de la faim. Dans chaque chambre, nous sommes quatre personnes. Les murs sont pleins de moisissures, les draps sont changés une fois par semaine mais les couvertures ne sont jamais changées. Tous les quinze jours on nous donne un gel douche. Dans la soirée, nous devons nettoyer notre chambre avec le balai et le seau. Les fenêtres n'ont pas de rideaux comme ça le matin tôt, la lumière entre dans la chambre. Nous sommes obligés de mettre la couverture sur la fenêtre pour dormir. Les toilettes sont dégoûtantes. C'est très sale. Les évacuations sont toutes bouchées, nous sommes obligés de faire nos besoins debout. À huit heures et demie du matin, nous prenons un verre de lait et un croissant. Nous ne pouvons pas boire de choses chaudes si ce n'est avec la machine payante. La nourriture est très insuffisante, ils nous amènent souvent de la dinde. Nous qui avons des implants en silicone nous ne pouvons pas manger de la dinde. Pour cette raison, beaucoup d'entre nous ont eu des inflammations aux implants mammaires ou de hanches. Lorsque nous allons à la Croix-Rouge pour nos problèmes de santé, au lieu de nous donner des tranquillisants pour nos problèmes de santé ils nous donnent des tranquillisants pour supprimer la douleur, mais ces gouttes nous font dormir. Quand nous avons trop de douleur, ils nous donnent de l'aspirine (ou paracétamol). »
« Moi je m'appelle ... je suis ici depuis une semaine. J'ai immédiatement commencé une grève de la faim parce que nous ne pouvons pas rester ici six mois. Je suis également séropositive, je devais faire des tests sanguins pour savoir quels médicaments je devais prendre mais ils m'ont amenée ici, et m'ont fait sauter la visite. J'ai eu trois jours de forte fièvre. J'étais tellement mal qu'ils m'ont emmené à l'hôpital pour une occlusion intestinale. Après ils m'ont ramenée à Corelli toujours sans médicaments pour le VIH. Je suis en Italie depuis neuf ans, je suis tombé malade en Italie et je ne peux pas rester ici. Nous avons besoin de nous maintenir (gagner notre vie) et de maintenir notre famille dans le pays. Nous voulons notre liberté parce que nous n'avons rien fait et qu'on nous force à rester ici sans pouvoir rien faire. Il y a un psychologue qui vient une fois par semaine, mais à la fin, on nous donne toujours trente gouttes de Valium ou pour dormir et allez... À la fin nous devenons toutes dépendantes... »
« J'ai eu un très grave accident en dehors d'ici. J'étais toujours traitée en physiothérapie, mais il m'ont prise et emmené à la CIE. Je m'étais fracturé l'omoplate gauche, le fémur et le genou. Ici, souvent la blessure à ma jambe s'enflamme. Je vais à l'infirmerie, on me donne une crème hydratante c'est tout. Beaucoup d'entre nous ont été prises à Pise, et qui vient nous voir a droit à sept minutes de visite pour cinq heures de voyage.... Il y a plein de cafards et d'asticots dans les toilettes et la douche. La police nous maltraite, nous traite comme des chiens, nous insulte en disant que nous sommes tous des gays, fait des blagues sexistes contre nous. Quand nous disons des choses qui ne leur vont pas bien, ils nous donnent des gifles au visage, pour la moindre chose ils nous agressent et nous traitent comme si nous n'étions pas des êtres humains, avec un mépris total. Nous savons qu'une trans s'est suicidée ici à Noël... Il y a une fille qui est ici depuis quatre mois qui a vu ce qui s'est passé lorsque la jeune fille s'est suicidée et maintenant elle est folle, parce qu'une personne normale ne peut survivre ici à l'intérieur, et beaucoup la mort comme unique porte de sortie... Il y a des gens avec des problèmes psychiatriques, et nous devons tous vivre ensemble dans une situation de conflit, avec toutes les diverses pathologies tous ensemble et ici nous sommes forcés de côtoyer diverses maladies, même en prison ça n'est pas comme ça. »
Et un témoin, du secteur des femmes :
« Mon nom est ... je vous raconte mon histoire. Je suis arrivée en Italie en tant que touriste car j'aimais beaucoup ce pays. La dernière fois que la police m'a arrêtée, ils m'ont demandé le permis de séjour. J'avais seulement le visa touriste mais ils m'ont emmenée à la préfecture (police) où je suis restée trois jours et puis à Corelli. Ils m'ont prise le 26 Janvier et j'avais en poche le billet d'avion pour retourner au Brésil pour le 16 février... Eh bien je suis encore ici. Maintenant je dois quitter ce pays comme une criminelle, escortée par la police. Je n'imaginais pas qu'en Italie pouvait exister un endroit pareil. Je me sens inutile, je suis très mal. Ils nous traitent comme des animaux, et ce n'est qu'un début... nous avons à faire six mois dans cet enfer pour ensuite sortir d'ici avec une expulsion pour dix ans.
Nous demandons à tous ceux qui nous entendent que même si on nous appelle clandestins nous sommes aussi des gens qui avons un cœur. Nous sommes venus en quête d'une vie meilleure. Nous faisons la grève pour faire comprendre aux gens que nous sommes des êtres humains et nous avons le droit de vivre ici comme tout le monde et qu'ils ne peuvent pas nous ôter la liberté. Il devrait y avoir d'autres moyens pour obtenir ce bout de papier sans passer par cet enfer. C'est vraiment d'une loi injuste, je ne sais pas qui l'a inventée et nous ne voulons pas la respecter. Pour nous, la seule option que nous avons c'est de lutter. »
Témoignages du samedi 6 mars
Sinon, à noter également que de nombreuses initiatives de lutte et de solidarité sont menées :
le vendredi 5 mars un rassemblement a eu lieu devant le CIE de la via Corelli à Milan,
le samedi 6 mars à Modena un rassemblement et une diff se sont déroulés dans les rues de la ville. Ont été diffusées des informations sur les luttes en cours et sur la situation de Joy et Helen , qui ont osé dénoncer les tentatives de viol subies cet été dans le CIE de la via Corelli, et sur les autres rebelles de la via Corelli, réenfermé/es dans divers CIE après avoir effectué plusieurs mois de prison pour les révoltes d'aout.
le lundi 8 mars à Turin, un rassemblement aura lieu en solidarité avec les prisonniers des CIE en lutte et avec Luca, Fabio, Andrea, Maya, Marco , Paolo et Massimo, les camarades arrêtés et emprisonnés depuis le 23 février pour leur engagement dans la lutte pour la liberté de circulation et d'installation et contre les CIE. Le mardi 9 mars ils passeront au tribunal pour d'éventuelles remises en liberté.
le samedi 13 mars un rassemblement aura lieu devant le CIE de Ponte Galleria à Rome.
Pour rappel, voici un lien sur la lettre écrite par les retenus de la via Corelli pour annoncer le début de leur grève de la faim et sur la situation des camarades arrêtés le 23 février* :
En fançais : http://nantes.indymedia.org/article...
En italien : http://www.autistici.org/macerie/?p...
Liberté pour toutes et tous avec ou sans papiers !
*Pour rappel adresses des camarades italiens emprisonnés, deux transferts ayant eu lieu cette semaine, une des adresses vient de changer par rapport à celles diffusées vendredi :
Fabio Milan Casa circondariale strada vicinale del Rollone, 19 13100 Vercelli
Andrea Ventrella Casa circondariale via Roncata 75 12100 Cuneo
Luca Ghezzi, Via Pianezza 300, 10151 Torino
Urgent : Abdalla Labid doit rester en France !
Nous venons d'apprendre que M. LABID Abdalla, 24 ans, né en Egypte, demeurant à Saint-Denis a été arrêté le 4 mars à Chelles. Il a été transféré le vendredi 5 mars après-midi au Centre de Rétention Administrative du Mesnil Amelot (77). Ce jeune homme est marié depuis le 26/09/2009 à une Française Aurélie RUBY MONTEIL. Il est arrivé en France en 2007. Aurélie et Abdalla sont ensemble depuis 2008.
Abdalla LABID et Aurélie RUBY construisent depuis 2 ans une vie commune. Leur but dans la vie est le même : s'aimer. Ne laissons pas l'administration briser cette vie de famille et cette belle histoire d'amour et exigeons, avec le Collectif RESF qui les soutient, qu'Abdalla reste en France auprès de son épouse.
Par notre signature, nous apportons notre soutien à Abdalla et Aurélie, et exigeons que la situation d'Abdalla soit régularisée le plus vite possible !
Plus d'un commissariat sur trois ne protège pas les femmes étrangères victimes de violences
Dans le cadre de la campagne « Ni une ni deux » initiée par La Cimade, un testing [1] auprès de 75 commissariats, a été mis en place pour observer les conditions d'accueil et de prise en charge des femmes étrangères victimes de violences. Il en résulte que dans plus d'un commissariat sur trois, une femme sans-papiers qui voudrait porter plainte contre des violences, risquerait l'expulsion.
Pour les femmes étrangères victimes de violences, la plainte est parfois un élément indispensable pour la délivrance d'un titre de séjour. Or c'est précisément parce qu'elles n'ont pas de titre de séjour qu'elles rencontrent des difficultés pour porter plainte. Certains agents de police, plutôt que de considérer ces femmes comme des victimes, les voient d'abord comme des délinquantes du seul fait qu'elles sont en situation irrégulière. Et plutôt que d'assurer leur protection, certains choisissent de les placer en garde à vue et de prendre attache avec les services préfectoraux pour organiser leur expulsion.
Le 2 mars 2010, 75 commissariats ont été contactés.
A la question de savoir si une femme sans papiers battue par son conjoint pouvait venir déposer plainte,
38% des commissariats ont indiqué qu'elle serait interpellée, dont 5% qu'elle ne pourrait même pas porter plainte. 12% des commissariats contactés ne pouvaient donner de réponse.
Ces réponses indiquent qu'un peu moins de la moitié des commissariats contactés ne respectent pas le code de procédure pénal et la jurisprudence existante sur ce sujet. Il existe un véritable fossé entre la loi et la pratique d'ailleurs dénoncé par la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité. Saisie en 2008 sur la situation d'une femme interpellée et expulsée alors qu'elle venait déposer plainte contre son mari violent, la Commission a estimé « qu'en faisant primer la situation irrégulière des personnes victimes de violences et dépourvues de titre de séjour [elles] se voient interdire, de ce fait, de déposer plainte et de faire sanctionner les auteurs de ces violences permettant ainsi leur impunité »
Par ailleurs, l'enquête révèle que 52% des commissariats interrogés n'ont pas de personnels spécialement formés à la question des violences. Si dans certains commissariats des psychologues ou des « référents violences » ont été recrutés, ces chiffres montrent que le dispositif est encore largement insuffisant.
La Cimade alerte sur la nécessité de former les officiers de police et de gendarmerie pour permettre aux femmes étrangères victimes de violences de pouvoir porter plainte en cas de violences, et ainsi, de bénéficier d'une véritable protection.
Pour réaffirmer la nécessité de protéger effectivement les femmes étrangères victimes de violences, la Cimade vous convie à l'inauguration d'un commissariat modèle
le lundi 8 mars à 13h00, Place du Châtelet à Paris.
En présence du ministre de la solidarité avec les femmes étrangères et du commissaire divisionnaire Beausourire.
[1] Enquête anonyme réalisée par téléphone auprès de 75 commissariats (18 sur Paris, 30 en banlieue parisienne et 27 en Province).
Migreurop se réunit au Maroc et dénonce les négociations de l'accord de réadmission lors du prochain sommet UE-Maroc
Migreurop tient son conseil d'administration entre le 5 et 7 mars 2010 à Bouznika au Maroc, emplacement géographique stratégique, aux portes de l'Europe. Le Maroc et l'Union européenne entretiennent des relations de longues dates notamment sur la question migratoire. Ainsi, L'UE et le Maroc se réuniront le lundi 8 mars prochain à Grenade (Espagne) afin de discuter principalement de la négociation d'un accord de libre échange ainsi que des questions de droits de l'homme et de démocratie. Depuis 2003, des négociations officielles sur un accord de réadmission UE- Maroc sont ouvertes, sans toutefois avoir encore abouti pour le moment.
Migreurop alerte sur le risque de signature d'un accord de réadmission entre l'UE et le Maroc à l'occasion de ce sommet. Dans une campagne, entamée début 2008, Migreurop dénonce la signature de ce type d'accords [1] et demande la transparence dans la négociation et dans l'application des accords de réadmission.
Les accords de réadmission, quelques soient leurs formes, ont pour conséquence directes l'industrialisation de l'expulsion puisqu'ils facilitent les renvois et a fortiori la violations des droits de l'homme des étrangers, notamment en renvoyant d'éventuels demandeurs d'asile ou des personnes dans certains pays dont ils ne sont pas ressortissants.
L'Union européenne et le Maroc jouent un jeu de « donnant-donnant », au dépends des migrants ; du côté européen, instrumentalisation de l'aide au développement contre réadmission des nationaux et/ou non nationaux sur le territoire du pays signataire de l'accord ; de l'autre côté demande de facilitation de visa, accord économique….etc, au détriment des droits des étrangers.
Monsieur Franco Frattini, ancien commissaire européen, le soulignait, en 2006, « la bonne fin des négociations dépend donc beaucoup des "leviers", ou devrais-je dire des "carottes" dont la Commission dispose, c'est-à-dire d'incitations suffisamment puissantes pour obtenir la coopération du pays tiers concerné ». [2]
La « carotte » aujourd'hui pour le Maroc consiste en la promesse de la création d'une zone de libre échange entre l'UE et le Maroc, ainsi qu'en des investissements massifs sur le marché marocain. Le ‘bâton' serait le silence sur les violations des droits de l'homme. Bien que l'union européenne fasse semblant de s'inquiéter de la situation des droits de l'homme au Maroc, elle continue cependant de négocier la signature d'accord de réadmission de sans papiers vers le Maroc qui, rappelons le « (ne) reconnaît toujours pas officiellement les réfugiés arrivés ces dernières années sur son territoire et ne leur fournit aucune assistance ». [3]
Migreurop dénonce l'opacité et la mise à l'écart de la société civile dans les négociations de l'accord UE Maroc. Négociations qui se déroulent au détriment du respect des droits fondamentaux des personnes qui devraient être réadmises.
[1] http://www.migreurop.org/rubrique28...
[2] Discours de Franco Frattini devant le Sénat français, mars 2006.
[3] Document de travail de services de la Commission accompagnant la Communication au Parlement européen et au Conseil- Mise en œuvre de la politique européenne de voisinage en 2008- Rapport de Suivi Maroc, April 2009, page 1. Consultable sur : http://ec.europa.eu/world/enp/pdf/p...
Non à l'expulsion de M. Huang Zheng Guang. Ruixiang et Clément doivent pouvoir vivre avec leur papa
Refus de libération par le JLD le 3 mars 2010. Passage au TA de Melun lundi 8 mars 2010 à 9h.
M. HUANG a été arrêté le lundi 1er mars 2010 au matin et emmené le soir même au CRA du Mesnil Amelot. Il a déjà été présenté à son ambassade et peut être expulsé d'un instant à l'autre. Le JLD a refusé sa libération hier, mercredi 3 mars. Son épouse, Mme Yueqin LI et leurs deux enfants, Ruixiang et Clément vivent depuis dans l'angoisse et la peur.
M. HUANG Zheng Guang est cuisinier. Il vit en France depuis 2002. Il est marié, père de deux enfants, scolarisés dans le 17ème arrondissement de Paris. Ils sont tous les deux d'excellents élèves et leurs professeurs ne tarissent pas d'éloges. Ruixiang vient d'avoir 14 ans, il est scolarisé au collège Mallarmé. Clément, 6 ans est scolarisé à l'école élémentaire rue Lemercier.
La semaine dernière encore, M Huang voulait déposer un dossier de régularisation mais la préfecture a refusé de lui donner un rendez vous en pretextant qu'il fallait avoir vécu 10 ans en France pour demander un titre de séjour.
Nous ne comprenons pas cet acharnement contre une famille qui est heureuse de vivre dans ce pays, en a appris la langue, et dont l'un des membres (Clément) est né ici. Séparer un père de ses enfants, le mettre dans un centre de rétention nous semble scandaleux. Toute cette énergie dépensée contre un père de famille nous choque profondément.
De nombreuses personnes (amis, enseignants des enfants, élus ) ont déjà écrit au préfet des Hauts de Seine pour demander la libération et la régularisation de M. Huang, sans succès.
Solidaires de cette famille, nous demandons au Préfet des Hauts-de-Seine, M. Strzoda, de libérer M. Huang et de lui permettre enfin de régulariser sa situation pour que sa famille connaisse la tranquillité.
Nîmes : deux enfants ont besoin de leur père
A Nîmes, lundi 22 février, un père de famille a été arrêté près de son domicile lors d'un contrôle d'identité. Il a été placé en garde à vue puis emmené au Centre de Rétention Administrative.
Monsieur LARLHID Hamid est arrivé en France en 2001. Depuis cette date il a toujours séjourné sur le territoire français. Il a rencontré sa compagne Madame BIYI Fadoua avec laquelle il vit maritalement depuis 2005. Fin 2006, ils ont eu un premier enfant Nasser actuellement scolarisé à Jean ZAY. Au mois d'avril 2009, la famille s'est agrandie avec l'arrivée d'une petite fille Nesrine.
Actuellement, Fadoua, titulaire d'une carte de résidente, travaille à temps partiel. Ils ont déposé une demande de regroupement familial mais les ressources du foyer ne sont pas tout à fait suffisantes. Les parents de Fadoua sont âgés, son père est handicapé. Hamid aide son beau père pour ses déplacements. C'est un soutien pour eux. Le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) a décidé de remettre Hamid en liberté, se référant à l'article 8 de la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales (CEDH). Il jugeait ainsi que la mesure d'éloignement prise à l'encontre d'Hamid portait une atteinte excessive à sa vie privée et familiale. Mais le parquet a fait appel de cette décision. Ce père de deux enfants fait l'objet d'un Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière (APRF) contre lequel son avocat a fait appel.
Vendredi 26 février, cet appel a été examiné par le Tribunal Administratif. Celui-ci a rejeté la requête en annulation de l'APRF. Le même jour, la cour d'appel a décidé de maintenir Hamid en rétention afin de permettre à l'administration d'accomplir les démarches en vue de procéder à son expulsion. Son petit garçon ne voulait pas rentrer à la maison sans son papa qu'il ne voyait plus depuis quatre jours.
Cette famille ne doit pas être démembrée, Hamid doit rester auprès de ses enfants dans l'intêret supérieur de ceux-ci comme le stipule la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE) signée il y a vingt ans par la France.
Nous demandons la régularisation d'Hamid et qu'il soit autorisé à travailler pour assurer avec Fadoua l'existence de sa famille.
Mercredi 10 mars : rassemblement à Clermont-Ferrand pour la régularisation de Salma, Youssouf, Ziyed et tous les autres…
Après deux semaines de mobilisation et un désaveu national pour Besson, Hortefeux et Stéfanini, Salma et Salima sont enfin réunies à Clermont-Ferrand où leur obtention d'un titre de séjour a été attestée par la Préfecture. La logique d'expulsion aura quand même poussé jusqu'à renvoyer Salima, 18 ans vers le Maroc après 15 jours en Centre de Rétention Administrative pour ensuite organiser son retour. Le Préfet a le pouvoir de régulariser la situation de Salima et Salma immédiatement. Le passage de Salma par le Maroc n'est pas indispensable, il est inutile, il n'est pas humain. Nous revendiquons la régularisation de Salima et Salma ici et maintenant.
Par la mobilisation des lycéens et des personnels du lycée Camille Claudel et du collège la Charme, Youssouf, arrêté à l'entrée de son immeuble au retour du lycée, a échappé au Centre de Rétention Administrative mais a été assigné à résidence pour continuer son année scolaire. Lundi 8 février le Tribunal a cassé l'arrêté de reconduite à la frontière. La place de Youssouf est auprès de ses copains solidaires au Lycée Camille Claudel nous exigeons sa régularisation immédiate.
A l'université, avec les personnels, les étudiants et RUSF, Samir (étudiant en 3è année de LEA) a obtenu un titre de séjour. La mobilisation doit s'étendre pour Ziyed, étudiant en licence d'informatique qui a reçu une deuxième Obligation à Quitter le Territoire Français après avoir connu le Centre de Rétention il y a un an. Ces entraves à une scolarité sereine deviennent chaque jour plus insupportables bien au-delà de la communauté scolaire qui voit fondre le sens de son action dans la décision d'expulsion d'un élève ou d'un étudiant. Samir et Ziyed ne devaient pas être entravés dans leurs études. La préfecture doit cesser sa course aux expulsions qui cassent des jeunes venus en France pour apprendre. Régularisation immédiate de Ziyed.
Marieta, Andranik et leur fils Guéram âgé de 24 ans ont dû fuir l'Arménie où leur vie est menacée. A l'armée, Guéram a été témoin, bien malgré lui, de crimes perpétrés par des militaires. Pour lui et sa famille la suite fut l'enfer. Plus aucune protection quand les autorités vous persécutent. La France leur refuse l''Asile, le préfet veut les expulser (Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière). Marietta et Andranik ont plus de 50 ans. Ils ont passé toute leur vie à Erevan. Sous la menace ils ont tout abandonné, leur famille, leur maison, leur travail pour sauver leur vie. Ils vivent cachés dans la région. Leur seule vie possible est ici. Ils doivent être régularisés.
Gertrude a fui la République démocratique du Congo, avec ses 5 enfants en octobre 2007. Elle est sans nouvelles de son mari, disparu, depuis son arrestation. Accueillie au Cada de Bussières et Pruns elle dépose une demande d'Asile et scolarise les enfants. Déboutée elle doit quitter le Cada en avril 2009 et loge depuis dans un Hôtel. Elle vient de recevoir une ultime réponse négative de la CNDA. Adam 12 ans, Nathan 9 ans, Adonie 6ans, Chiphra 4ans et Jjael 2ans, même dans des conditions de vie extrêmement difficiles ne conçoivent d'autre avenir qu'ici, à Clermont-Ferrand chez eux maintenant. Il faut régulariser Gertrude.
Signez les pétitions : http://www.educationsansfrontieres....
Création d'un Réseau Universités Sans Frontières à Nanterre
Chasse aux sans-papiers, multiplication des expulsions et des contrôles d'identité au faciès, rafles à la sortie des écoles, des gares, des foyers, enfermement généralisé des étrangers en situation irrégulière dans des prisons qui ne disent plus leur nom, et désormais, extension aux bébés et enfants d'étrangers de l'enfermement en centre de rétention, estompé par un grand « débat » xénophobe sur une hypothétique identité nationale : le sort réservé aux étrangers, à tous ceux dont l'altérité est aujourd'hui érigée en dangerosité, serait voué à être toujours plus inhumain. Jusqu'à quand l'intolérable nous restera-t-il acceptable ?
Malgré ces temps sombres, les renouveaux des luttes de sans papiers, les mobilisations syndicales et associatives scandent la résistance à l'inhumanité qui nous est imposée. Loin des clichés rassurants, ces mouvements ont montré la complexité des situations et la résistance des sans-papiers : parents d'enfants scolarisés, situations révoltantes et révoltés des centres de rétention, travailleurs sans-papiers payant leurs impôts et s'acquittant de leur cotisation sans jamais obtenir ni sécurité sociale ni quiétude familiale en vivant à la merci de l'expulsion comme du patron.
Cette situation est loin de s'arrêter à la frontière des campus universitaires : multiplication des refus d'inscription, situations absurdes soumettant, côté universitaire, l'inscription à la régularité du titre de séjour et, côté préfectoral, la délivrance de titres de séjour à l'effectivité de l'inscription.
Parce que les fronts de lutte se multiplient et que des perspectives s'ouvrent, parce que les sans-papiers sont aussi des étudiants et que leur situation concerne tous les universitaires, parce que cette lutte passe nécessairement par des luttes au sein des Université,
Se met en place sur Nanterre un Réseau Université Sans Frontières Paris 10.
Pour une régularisation de tous les sans-papiers, l'arrêt des rafles et des politiques discriminatoires, la liberté de circulation et d'installation et l'abolition des frontières murales et mentales.
Renseigne-toi, participe, aide-nous, aide-toi.
Le mercredi 17 mars prochain sera prononcé le verdict du procès des 10 sans - papiers accusés de l'incendie du camp de rétention de Vincennes
Le procès mené par la juge Nathalie Dutartre et ses deux assesseurs a été à l'image de l'instruction, mené exclusivement à charge par le magistrat instructeur, Mr Alain N'guyen The. La quasi totalité des demandes de la défense a été rejetée. Seule a été acceptée la demande de visionnage des 32 heures de vidéosurveillance, mais en audience, ce qui rendait impossible toute contestation de version de l'accusation. Cette décision qui apparaissait comme une concession a en fait porté atteinte aux droits de la défense en imposant, sans concertation et du jour au lendemain, aux avocats et aux prévenus trois semaines d'audiences consécutives. Les inculpés et leurs avocats ont quitté le procès, ces derniers affirmant ne pas avoir les moyens de la défense et ne voulant pas être « la caution de cette comédie ». Le procès s'est donc déroulé entre personnes de connivence : les juges, le procureur Gilbert Flam, les avocats des parties civiles, à savoir l'Etat et les policiers plaignants. Cela a aussi eu comme conséquence, par exemple, que la juge a reporté de nombreux autres procès, maintenant le plus souvent les gens concernés en détention dite provisoire le temps de ce report.
Les centres de rétention sont un rouage essentiel de la machine à expulser et donc des politiques de contrôle des flux migratoires. Quand le plus grand de ces centres est entièrement détruit par une révolte collective, l'Etat cherche à faire des exemples : il traque, emprisonne et punit. Gilbert Flam, en soldat de l'Etat, a requis à l'encontre des présumés incendiaires, entre 6 mois et 3 ans d'emprisonnement. La juge suivra sans doute la direction tracée par le proc, la justice n'étant là que pour appliquer les desseins de l'Etat. Dans ce procès emblématique, mais aussi dans son quotidien, la justice exerce sa violence de machine à punir contre tous ceux, toutes celles qui s'opposent aux règles établies par la classe dominante. Parce qu'il faut bien s'assurer que des coupables payent, il est plus que probable que la juge ordonne des mandats d'arrêt.
Enfermés dans ces prisons pour étrangers en attente de leur expulsion, n'ayant d'autres alternatives à la résignation que la révolte, la solidarité avec ceux choisis au hasard suite à l'incendie du centre de rétention de Vincennes, ne doit pas retomber. D'autres procès pour d'autres révoltes (Bordeaux, Toulouse) suivront.
Au moment où les personnes qui luttent avec les sans papiers et plus largement pour la liberté de circulation et d'installation font l'objet de diverses procédures (gardes à vue, mises en examen, procès...), il est plus qu'évident qu'il faut montrer que nous ne céderons pas aux intimidations, notamment en continuant à manifester notre solidarité aux inculpés de Vincennes et plus largement à toutes celles et ceux qui, avec ou sans-papiers, expriment leur révolte contre la violence quotidienne de la machine à expulser.
Nous vous donnons tous rendez-vous pour le délibéré au tribunal le 17 mars, nous ne pouvons accepter que les 10 bouc-émisssaires de vincennes retournent en prison !
13H30, TGI de Paris, M° Cité, 16e chambre
RELAXE DES INCULPES DE VINCENNES !LIBERTE DE CIRCULATION ET D'INSTALLATION !
Expulsion de Najlae : un dossier clos pour le préfet, pas pour nous
Le préfet du Loiret, assisté de son secrétaire général et de son directeur de cabinet a reçu le 02 mars 2010, une délégation composée de Maeva Thibault amie de Najlae, Madame Parisot membre du comité de soutien de Château-Renard, Madame Kamal membre du comité de soutien du lycée F. Dolto, Madame Vitry représentante de la CIMADE, Madame Petit représentante de la FCPE départementale Loiret et RESF, Madame Bastide infirmière scolaire syndiquée et RESF formée et intervenante auprès de jeunes filles confrontées aux pressions, violences et menaces de mariages forcés.
Selon le préfet du Loiret :
Les procédures d'interpellation et d'expulsion sont pleinement justifiées
Maintenant qu'il relève du gouvernement, le dossier est clos à ses yeux puisque la préfecture n'a plus son mot à dire.
Les soutiens ont participé au montage de cette affaire de toutes pièces en raison de la période électorale. La préfecture en veut pour preuve : l'accueil en un temps record de Najlae au Maroc, la mobilisation immédiate des médias et les rapides prises de position de politiques.
Quant à Najlae, elle aurait refusé de porter plainte. Alors pas question de la protéger !
Pas une once d'humanité dans le discours du préfet et de son secrétaire général. Ils sont sans doute incapables d'imaginer que la solidarité existe.
Ayant échoué, ils se montent un film pour se justifier.
Ainsi nous aurions jeté Najlae dans les griffes de la gendarmerie, pour qu'elle se fasse expulser afin de récupérer cela de manière politique !
L'auriez-vous deviné ? Le préfet et son secrétaire Général seraient en fait les victimes d'un complot multiforme.
Les très nombreux citoyens qui se sont indignés de la non prise en compte des problèmes de maltraitances, de violences, de mariage forcé et d'avenir brisé, soulevés par cette affaire, apprécieront cette version préfectorale !
Ainsi l'ensemble des médias qui ont relayé l'information (après avoir, eux, rencontré, écouté et vérifié auprès des proches de Najlae et parlé, interviewé et filmé Najlae elle même) et des politiques qui se sont mobilisés ne seraient que des falsificateurs.
Nous prenons acte que le préfet du Loiret est dessaisi de l'affaire.
Le retour de Najlae dépend donc maintenant de celui qui a affirmé :
“ Je veux que la France soit aux côtés de celle à laquelle son frère interdit de se mettre en jupe. À chaque femme martyrisée dans le monde je veux que la France offre sa protection, en lui offrant la possibilité de devenir française. ” (Nicolas Sarkozy, avril 2007)
C'est de lui et de son gouvernement que nous attendons maintenant une réponse.
Nous ne baisserons pas les bras. Nous exigeons le retour de Najlae et resterons mobilisés jusqu'à son retour, sa protection et sa régularisation.
Manale, étudiante lyonnaise qui risque l'expulsion, doit rester en France !
Solidarité avec Manale, étudiante à Lyon 2 d'origine marocaine expulsable du territoire français à partir du 10 mars.
SIGNEZ LA PETITION DE SOUTIEN !!!
Manale est une étudiante de nationalité Marocaine, inscrite en première année Information-Communication/ Sociologie à Lyon2. Elle a validé son premier semestre avec une moyenne générale de 12,54/20.
En janvier 2009, la préfecture du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a envoyé en février 2010, un Ordre de Quitter le Territoire Français. Manale n'a certes pas eu en France un parcours universitaire facile.
Après deux premières années à l'École Nationale d'Architecture à Strasbourg (elle a eu des soucis de santé qui l'ont pénalisée), elle s'est retrouvée inscrite, tardivement, en Lettres Modernes, l'année de la mobilisation contre la LRU.
Ces échecs à l'entrée de cycle n'ont pas découragé Manale, qui est venue s'installer à Lyon et qui étudie la communication. Comme l'attestent tous ses professeurs, elle a trouvé sa voie et est en train de réussir brillamment. C'est une étudiante dynamique, motivée, passionnée.
Si elle était expulsée maintenant, alors que le second semestre est entamé, cela anéantirait cet effort, un vrai gâchis d'autant plus qu'au Maroc il n'y a pas de filière équivalente.
Aujourd'hui, Manale s'est vue refuser le recours gracieux de la préfecture, elle est désormais expulsable à partir du 10 mars, conduite en centre de rétention et ensuite renvoyée sur le territoire marocain. Vous devez être solidaire avec votre camarade, mais aussi avec l'ensemble des personnes touchées et ciblées arbitrairement par la politique du chiffre du Ministère de l'Immigration.
Mobilisons nous, ne restons pas indifférents, montrons notre soutien aux personnes visées par les politiques racistes et xénophobes du gouvernement français !
Nous demandons la suspension de l'OQTF et la délivrance d'un titre de séjour étudiant pour Manale afin de lui permettre de terminer cette année.
SOYONS SOLIDAIRE AVEC MANALE ! REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !
SIGNEZ LA PETITION DE SOUTIEN !!!
Signataires : Fédération Syndicale Étudiante (FSE), JCML, ROC-ML, RUSF, UPC, AECAL (Association des étudiants de culture africaine lyonnais)
Exigeons le retour de Samira Bobouch, expulsée le 5 décembre 2007 !
Février 2010, Samira Boubouch vit toujours à Guercif au Maroc, expulsée de France le 5 décembre 2007, loin de sa soeur jumelle et de son père, sans possibilité aucune d'accéder à un emploi. Lorsqu'elle a été arrêtée lors d'un contrôle routier sans délit aucun, sa vie a basculé. Elle a perdu d'un coup sa famille et son travail à l'Association Prévention Autisme Recherche dans la région de Marseille. Elle se destinait à l'aide aux personnes handicapées après des études débutées en France en 2000, notamment au Lycée professionnel de Saint Chamas.
Samira espère toujours fermement retrouver sa soeur jumelle et son père qui vit et a travaillé légalement en France comme ouvrier agricole depuis 1973. Sa soeur vient d'obtenir récemment l'assurance de sa régularisation, après de longues démarches. Nous nous félicitons de cette issue mais trouverions incompréhensible que l'on refuse maintenant à Samira un visa long séjour alors que sa soeur jumelle est régularisée : toutes deux étaient entrées en France en même temps, et légalement.
Les situations de jeunes majeur-es qui deviennent sans-papiers à leur majorité se multiplient en France et très récemment, une jeune fille clermontoise, Salima, a été expulsée loin de sa soeur jumelle dans des circonstances très proches de celles de Samira Bobouch. Suite à une forte mobilisation et sur l'intervention de Brice Hortefeux, élu de la région, il semble qu'elle pourra obtenir un visa pour revenir, ainsi qu'un titre de séjour.
Par cette pétition nous demandons que le même traitement soit appliqué à Samira Bobouch : c'est-à-dire son retour par l'obtention rapide d'un visa long séjour et sa régularisation sur le territoire français.
Pour le retour et la régularisation de Najlae
Najlae, expulsée le 20 février vers le Maroc, victime des violences de son frère et menacée de mariage forcé, doit immédiatement revenir en France et être régularisée. Âgée de 19 ans, Najlae, élève au lycée professionnel Dolto (Loiret) hébergée en France par son frère, afin d'échapper à un mariage forcé, a subi des violences de la part de celui-ci. La gendarmerie, auprès de laquelle elle porte plainte, la met en garde-à-vue et le préfet l'expulse pour le Maroc !
Pour protester contre cette situation infâme, la manifestation du 27 février, dans le Loiret, a rassemblé près de 500 personnes. Le comité de soutien, dont RESF 45, appelle à poursuivre la mobilisation. De nombreuses initiatives sont prévues courant mars à Orléans, à Château-Renard, à Montargis (voir précisions sur le site http://www.retournajlae.com).
L'union syndicale Solidaires exige, avec l'ensemble des organisations du comité de soutien, le retour, la protection et la régularisation de Najlae.
Le MRAP indigné de l'expulsion de NAJLAE, scolarisée en France, qui avait fui un mariage forcé
C'est pour avoir voulu échapper non seulement à un mariage forcé dans son pays d'origine qu'elle avait fui il y a cinq ans, mais aussi à celle d'un nouveau projet de mariage avec un cousin et à la violence de son propre frère auprès de qui elle avait cherché refuge dans le Loiret, que Najlae – en voulant déposer plainte et demander protection à la gendarmerie de Châteaurenard – s'est heurtée à la politique du chiffre du gouvernement en matière d'expulsion de jeunes scolarisé(e)s sans papiers !
Agée de 19 ans et suivant les cours du lycée professionnel d'Olivet (Loiret), Najlae a été placée en Garde à vue par les gendarmes et renvoyée de force le 21 février 2010 vers le Maroc qu'elle avait décidé de fuir à 14 ans. Le MRAP partage l'indignation générale, notamment celle exprimée par le Collectif Orléanais des Droits des Femmes qui rappelle à juste titre d'autres violences subies par des femmes dans le même département.
Selon les propos du secrétaire général de la préfecture du Loiret le mardi 21 février, rendus immédiatement publics sur Europe1.fr, l'expulsion de Najlae a été menée "dans des conditions régulières" et "il n'y a pas de problème juridique" puisque "la loi a été appliquée". La préfecture a même pu assurer une reconduite "rapide" car la jeune fille "avait ses documents de voyage et qu'il y avait un vol" à destination du Maroc.
Le MRAP, qui partage les doutes exprimés quant au respect de la légalité, dénonce l'inhumanité et l'inconséquence de tels propos et rappelle avec force l'obligation pour la France de pleinement respecter la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et, tout particulièrement, ses articles N° 3 « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne » et N° 9 « Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé ».
Alors que l'assemblée nationale examine ce jour une proposition de loi sur les violences faites aux femmes, portée par la droite comme par la gauche, le MRAP exige des pouvoirs publics - préfecture du Loiret aussi bien que ministère « de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Développement solidaire » - qu'ils fassent immédiatement revenir Najlae en France pour y bénéficier de protection et pouvoir y poursuivre librement sa vie et ses études.
L'Europe interpellée par ses immigrés
COMMUNIQUE 9ème COLLECTIF DES SANS-PAPIERS
1er mars 2010
A l'occasion de la journée sans immigrés, le 9ème Collectif des sans-papiers s'est invité à la Commission Européenne, au 188 boulevard St-Germain dans le 7ème arrondissement à Paris, afin de porter les revendications des immigrés et des personnes sans-papiers au niveau européen.
Les personnes sans-papiers, en France, dans les pays de l'Union Européenne comme ailleurs dans le monde, participent activement à l'économie du pays où ils résident. Ils occupent en effet des emplois dans de multiples secteurs d'activité, parmi les plus difficiles (restauration, bâtiment, sécurité, garde-malade…), et dans des conditions de travail le plus souvent indigne. De l'esclavage moderne.
Dans le même temps, la « question de l'immigration et des sans-papiers » se voient incessamment instrumentalisée par la classe politique dans son ensemble à de pures fins électorales, le spectre de l'étranger est brandi comme menace et péril des équilibres nationaux et internationaux…
Des politiques publiques et dispositifs extrêmement violents sont mis en place à l'endroit des personnes sans-papiers, bafouant leur droits les plus fondamentaux, créant des climats d'insécurité et de peur, attentant à leur intégrité physique et psychologique. Les multiples rapports de la Commission Européenne, listant les succès remportés en matière de répression, en attestent s'il le fallait (gestion intégrée des frontières extérieures, mandat d'arrêt européen, rapprochement des législations en matière de criminalité transfrontalières et de terrorisme etc.).
Nous exigeons le respect des droits des immigrés et personnes sans-papiers, et l'arrêt des politiques de harcèlement, de stigmatisation et de persécution.
9ème COLLECTIF DES SANS-PAPIERS
Contact Presse : 0603583959 / 0613952207
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