Le quotidien des sans-papiers

Déclaration de Paix du Collectif des Associations Tsiganes
Le Président de la République a déclaré la guerre aux gens du voyage et aux Rroms. Les Tziganes entendent répondre par une déclaration de paix pour éviter une explosion sociale.
L'organisation le 28 juillet d'une réunion à l'Elysée sur les « problèmes » posés par les Tziganes est une première depuis la Libération.
Comme trop souvent dans leur histoire, les Tziganes sont une fois de plus les boucs-émissaires privilégiés d'une classe dirigeante empêtrée dans les scandales politico-financiers.
Si Nicolas Sarkozy devait réitérer sa déclaration de guerre, le Collectif des Associations Tziganes serait amené à diligenter des actions judiciaires pour provocation à la haine raciale et à demander aux parlementaires de s'interroger sur la nécessité de réunir la Haute Cour.
La prégnance du racisme anti-tzigane dans la société française est telle que la confirmation le 1er juillet 2010 par la Cour d'appel de Paris de la condamnation de France Télévisions pour provocation à la haine raciale en raison du contenu d'une émission C dans l'air intitulée : « Délinquance : la route des Roms » est passée totalement inaperçue.
Alors que la France a fait l'objet de maintes condamnations par les instances européennes et risque de se retrouver au ban de l'Europe, aucun effort n'est fait par les pouvoirs publics pour lutter contre la multiplication des actes et des propos racistes dirigés contre les Tziganes.
Le 18 juillet 2010, la France a enfin reconnu officiellement le drame de l'internement et de la déportation des Tziganes de 1940 à 1946 par le biais d'un discours prononcé par le secrétaire d'Etat aux anciens combattants.
Dix jours plus tard, Nicolas Sarkozy prend l'initiative d'une politique de nature raciale qui, si elle venait à être mise en œuvre, risquerait fort de constituer une nouvelle page noire de l'histoire de France tant il est vrai que Les Tziganes, au delà des profondes différences qui existent entre Rroms et gens du voyage, sont soumis en France à un véritable régime d'apartheid en raison d'une législation d'exception indigne d'un pays démocratique.
Le Collectif des Associations Tziganes demande à être reçu par le chef de l'Etat pour évoquer les problèmes que posent les propos racistes de certains parmi les ministres et les parlementaires de l'UMP.
Le Collectif des Associations Tziganes demande l'abrogation de toutes les lois discriminatoires et une action résolue au plus haut niveau de l'Etat pour lutter contre le racisme anti-tzigane.
Pour la sauvegarde des valeurs universelles qui ont fait la grandeur de la France, le Collectif des Associations Tziganes lance un appel en reprenant les mots exacts utilisés il y a vingt-cinq ans par Georges Guingouin, premier maquisard de France, libérateur de Limoges, dans son appel lancé à l'occasion du 41e anniversaire de la bataille du Mont Gargan :
« En 1985, j'en appelle aux hommes et aux femmes à l'âme généreuse pour que dans un sursaut moral, une nouvelle Résistance commence afin que la France reste le pays des Droits de l'Homme. La flamme de la Liberté ne doit pas s'éteindre ! ».
Le Collectif des Associations Tziganes organise une conférence de presse le mercredi 28 juillet 2010 à 11h à la Chope des Puces 122 rue des Rosiers à Saint-Ouen.
LE MINISTERE DE L'INTERIEUR TENTE D'EXPULSER EN DOUCE UN TEMOIN GENANT
Abdelkebir OURMAIL est marocain. Il habite en France depuis de nombreuses années. Sa compagne, Aurélie DELAROCHE, avec qui il est pacsé, est enceinte.
Il ne se serait donc jamais retrouvé dans un centre d'internement sans la volonté farouche de Brice HORTEFEUX l'identitaire de lutter contre les unions « mixtes ».
Au centre du Mesnil-Amelot, Abdelkebir a été victime de violences policières et a subi, comme une dizaine d'autres sans-papiers, une grave intoxication alimentaire du fait d'une omelette périmée.
Soutenu par l'association SOS SOUTIEN Ô SANS PAPIERS, il a osé porter plainte auprès du parquet de Meaux. Devant la gravité des faits, le procureur a réagi promptement en ouvrant une enquête préliminaire. La sénatrice Alima BOUMEDIENE a saisi la CNDS. De façon exceptionnelle, la CNDS a réagi instantanément et a auditionné Abdelkebir jeudi matin. Une autre audition est prévue la semaine prochaine.
Abdelkebir OURMAIL est interné depuis trente jours. Il doit donc être rendu à sa compagne au plus tard le lundi 12 juillet. Aujourd'hui au petit matin, il a été extrait du centre et est actuellement convoyé menotté vers le port de Sète pour être expulsé vers le Maroc.
Les ministères de la répression et de la défense de l'occident ont décidé de contrecarrer l'action de la justice et de la CNDS en faisant disparaître un témoin gênant qui avait commencé à dévoiler les aspects les plus sordides de l'internement des étrangers en France en 2010.
SOS SOUTIEN Ô SANS PAPIERS appelle à se rendre au plus vite au port de Sète pour bloquer tous les départs de ferry vers le Maroc.
SOS SOUTIEN Ô SANS PAPIERS dénonce ce nouveau glissement vers un état policier.
Les responsables de ces faits doivent être déférés devant la justice et répondre de leurs actes.
Je rappelle que l' Onde Violette 69 se joint à l'association Sôs Soutien O Sans Papiers pour dénoncer ainsi tout ce qui se passe dans ces centres de rétentions administratifs en demandant ainsi :
FERMETURE DE TOUS LES CENTRES DE RETENTIONS ADMINISTRATIFS EN FRANCE ET EN EUROPE LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS
Onde Violette 69
Le scandale de l'expulsion des Rroms du Hanul
Lien sur un reportage (excellent) avec une interview de La voix des rroms, faisant le point de la situation.
Rassemblement de protestation permanent devant la Basilique de Saint-Denis.
Pour mémoire, retour sur la carrière du Préfet de choc du 93, Christian Lambert, nommé en avril par Sarkozy, qui signe là un premier exploit.
On attend toujours la réaction de Patrick Braouzec et des élus locaux qui n'ont pas hésité à appuyer la scandaleuse politique démagogique anti-tzigane.
On n'aura pas eu l'occasion d'y aller, ni la veille de l'expulsion, ni le matin, ni depuis plusieurs jours qu'ils sont devant la Basilique de Saint Denis. Aussi devant la mairie. Mais on n'est pas moins scandalisés.
Rappelons que ce camps de gitans existait là depuis dix ans.
Rappelons que Patrick Braouzec s'était engagé à garantir leur sécurité.
Aujourd'hui, adultes et enfants sont à la rue.
Cette expulsion scandaleuse se produit sous le régime du nouveau Préfet, Christian Lambert, « un homme de poigne » dit-on, nommé le 7 avril.
Il était juste avant adjoint du Préfet de Paris, Michel Gaudin, un des plus proches de Sarko.
Christian Lambert aussi est considéré comme un proche de Sarko, entre autres pour avoir participé à l'opération qui a conduit à l'exécution extra-judiciaire (autrement dit illégale – en fait criminelle), le 13 mai 1993, de celui qu'on a appelé Human Bomb, qui avait pris en otages des enfants de Neuilly, à la demande du maire de Neuilly de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy, en cheville avec le nouveau ministre de l'Intérieur d'alors, Charles Pasqua.
En mai 68, le jeune gardien de la paix Christian Lambert faisait partie des brigades de CRS qui matraquaient au Quartier latin.
Lambert aurait été aussi au volant du camion d'où fut exécuté de même Jacques Mesrine, le 2 novembre 1979.
En 2002, Sarko Place Beauveau nomme Lambert à la tête du Raid, unité d'élite de la police.
On lui devrait l'interpellation d'Yvan Colonna, en Corse, en 2003.
En 2005,Lambert est à la direction centrale des CRS pour gérer les violences urbaines et l'état d'urgence déclenché dans toute la France au lendemain des émeutes de Clichy-sous-Bois.
Ce flic de choc a commencé sa carrière comme sapeur-pompiers, pour devenir gardien de la paix en 1967.
Belle carrière. Au mérite, comme on dit.
Il a désormais à son actif d'avoir liquidé le campement des familles gitanes du Hanul. Bel exploit. il fallait au moins un flic de choc pour un tel résultat.
On vérifie là comment Sarko comprend son métier, et le genre du gang sur lequel il s'appuie. Mais il faut dire que l'expulsion du Hanul est aussi scandaleuse pour ce qui est du comportement des élus (de « gauche »), à commencer par Patrick Braouzec.
Braouzec s'était engagé au Hanul. Que fait-il aujourd'hui ?
Que fait la municipalité de Saint Denis ?
Comment les élus osent-il ainsi participer à la politique raciste de l'État par démagogie anti-rroms ?
Personne n'aura levé un petit doigt pour les gitans du Hanul.
Quelle honte.
Rappelons que la Préfecture de Seine Saint Denis est une organisation raciste permanente, en elle-même. Et ce n'est pas ici une accusation gratuite : il n'y a qu'à se rendre, n'importe quelle nuit, devant la Préfecture, à Bobigny, pour constater comment l'accueil des étrangers y est organisé.
Rappelons que l'État désigne toujours des Préfets particulièrement dégueulasses, pour mettre en œuvre cette politique coloniale de l'intérieur dans ce département qui a hérité, dans les années 60, du numéro d'un département algérien...
Que les politiciens locaux, dits de gauche, laissent se perpétuer cette politique scandaleuse est un scandale de plus.
Braouzec comme Lambert doivent réparer les dégâts qu'ils ont fait au Hanul – ou démissionner.
Il faut en finir avec les institutions super-racistes de Seine Saint Denis.
Et il faut en finir avec l'ignoble politique anti-rroms, cette constante particulièrement sale de la politique française, contre laquelle on attend toujours que la gauche se mobilise.
QSP
MERCREDI 14 JUILLET à 20 h au 6B
6b, quai de seine 93200 Saint-Denis
Accès : RER D arrêt Saint-Denis
Soirée de soutien aux familles expulsées du Hanul
Concert de musiques et danses gitanes • Numéros de cirque • Exposition photo
Entrée à prix libre • Boissons et restauration à prix de soutien
À l'appel de la Voix des Rroms, Parada, Aoa et du chapiteau Raj ganawak
[Sources : Le Figaro, La voix des rroms]
La sénatrice Verte, Alima Boumediene-Thiery a effectué une visite parlementaire au C.R.A du Mesnil-Amelot, ce lundi 5 Juillet 2010
Saisie d'une demande de visite au centre de rétention du Mesnil-Amelot, suite à différents problèmes de tensions importantes, des tentatives de suicide, d'auto-mutilations, d'intoxication alimentaire, et de problèmes de soins importants, la sénatrice Verte, Alima Boumediene-Thiery a effectué une visite parlementaire au C.R.A, ce lundi 5 Juillet 2010.
Vous trouverez ci-joint le compte-rendu de sa visite :
Arrivée à 14h30 au CRA de Mesnil Amelot : Reçue par le lieutenant M. Eric Mone, adjoint au chef de Centre et le chef du Greffe M. Pébay
Quatre bâtiments sur six sont utilisés, soit un effectif d'environ 80 personnes.
Les nouveaux centres sont terminés et prêts à l'emploi mais non ouverts car des problèmes d'infrastructures ont été constatés, néanmoins le personnel P.A.F prévu est déjà affecté, il semble y être présent et attend d'accueillir du public ????
J'explique que si je viens, pour la deuxième fois en 6 mois, c'est parce que j'ai été saisie d'une demande suite à différents problèmes : tensions importantes, tentatives de suicide, auto-mutilations plus nombreuses, intoxication alimentaire, problèmes de soins importants….
Deux plaintes ont été enregistrées sur ces intoxications alimentaires.
Sur ces conditions de rétention administrative, une saisine du contrôleur des lieux de privation de liberté est effectuée.
A cela s'est ajouté une plainte pour violences suite à un refus d'embarquement, violences commises par des policiers et des gendarmes, à l'aéroport, avant de revenir au C.R.A. Pour ces violences la CNDS a été saisie.
Il semble qu'une brigade de recherche de Meaux ou Melun est venue pour enquêter jeudi, sur ces faits et ces plaintes.
Constat :
Un bon ensemble général, des chambrées propres et des lieux de vie collectifs (douches et wc) corrects, même si la salle commune avec télévision est exiguë,
Des appareils automatiques à boissons qui mériteraient un nettoyage, la chaleur aidant on y constate de nombreux insectes,
Des chambres n'ont pas de vraies fenêtres, et je demande au Lieutenant de déplacer les personnes concernées vers des chambres à fenêtres si elles sont disponibles, car avec cette chaleur actuelle, sans fenêtre c'est irrespirable. Ce qui est immédiatement fait.
Il semblerait que certaines fontaines d'eau dans les couloirs ne fonctionnent pas toujours, mais là aussi, on me répond que les réparations ont été faites récemment
Les personnes retenues se plaignent d'une insuffisance de soins, de ruptures dans les traitements qui ne sont pas suivis, et de ne pas voir le médecin quand ils en ont besoin ???? Même si deux infirmières sont sur place à mon arrivée, j'apprends qu'un docteur de l'hôpital de Meaux ne vient qu'une heure le matin et une heure l'après midi, et donc ne peut pas voir beaucoup de personnes… donc souvent la liste d'attente pour le voir est longue et l'attente peut durer assez longtemps !!!!
Dans la cantine et cuisine, je constate en frigo, des plateaux livrés le vendredi pour des repas prévus vendredi, samedi, dimanche, et lundi ???
Le lundi sont livrés ceux de mardi, mercredi, jeudi, donc 2 à maximum 3 livraisons par semaine pour couvrir tous les repas de la semaine. On peut constater que les dates de préparation et fabrication sont du 30 juin ou 1er juillet pour être consommés maximum le 5 juillet et les autres les 6 ou 7 juillet.
Ce qui laisse penser que des plateaux sont préparés au moins 5 jours avant leur consommation, et que le jour de la consommation reste le dernier jour avant péremption. Ce qui est limite et ne laisse aucune marge de manœuvre. De plus, les personnes se plaignent de la mauvaise qualité des repas. Les plateaux cuisinés sont de la société Avenance.
Les faits : la semaine du 21 juin a connu une douzaine de personnes malades : Selon les personnes concernées, il s'agit d'une intoxication alimentaire due à une omelette. Cette omelette a été servie le lundi 21 juin au soir, elle a été livrée le vendredi 18 juin au C.R.A, mais on constate une date de fabrication du jeudi 17 juin….. Pour des œufs, la fraîcheur n'est pas vraiment au rendez-vous !
Deux personnes ont déposé plaintes, d'autres m'ont déclaré avoir été malades également mais n'avoir pas osé déposer plainte, et d'ailleurs ils pensent que « cela ne sert à rien… peut être même que cela leur causerait d'autres problèmes… »… Tous sont d'accords pour dire qu'ils ont été malades à cause du dîner du lundi soir, et tous regrettent de ne pas avoir pu voir le médecin immédiatement…. Ils dénoncent un certain laxisme pour les soins par le médecin.
Selon le service médical, il ne s'agissait pas d'intoxication alimentaire mais d'une indigestion, mais pour 12 personnes malades en même temps, c'est lourd à avaler !!!!
Il faut savoir que le médecin que j'ai « croisé », Mme Pauline Launay-Mignot, a été très désagréable et visiblement n'a pas du tout apprécié ma visite… qui est pourtant un droit !!!!
Il est clair que ma visite la dérangeait et qu'elle était hostile à ma présence.
Dès le début, lorsque je me suis présentée à elle, elle était suspicieuse et m'a demandé si j'étais bien du « Sénat français ? » en présence des deux chefs de gendarmerie. Mais peut être que mon nom précédé de sénatrice, l'a étonné ?
Quant à elle, elle a même refusé de me donner son nom que j'ai su après, par les gendarmes.
Quant à mes interrogations sur le service, elle n'a pas souhaité me répondre. Ce sont les deux infirmières qui m'ont répondu.
Puis lorsque j'ai demandé au service, et en sa présence, d'inscrire une personne qui se plaignait de n'avoir jamais vu le médecin et demandait une visite, elle a répondu « qu'elle savait ce qu'elle avait à faire, et qu'il y a une procédure à suivre, qu'elle ne verrait les personnes que quand elle le souhaitera, et qu'aucune règle ne l'oblige envers moi... »
J'ai trouvé cela étonnant car, d'une part, je ne l'obligeais à rien et évidemment je ne lui ai donné aucun ordre, et d'autre part, je ne demandais aucun passe-droit pour personne mais seulement qu'une personne soit inscrite sur la liste d'attente pour voir un médecin…..
Ses réponses agressives envers moi me laisse penser qu'elle était sur la défensive alors que je ne faisais aucun reproche à personne… mais peut être culpabilisait-elle ? Se sentait-elle prise en flagrant délit de refus de consulter ? J'avoue n'avoir pas compris son attitude ?
Son comportement a également beaucoup étonné les 2 gendarmes qui m'accompagnaient et qui étaient désolés pour moi de cette rencontre houleuse, malgré moi.
Il me semble qu'un médecin se doit d'être humain, et respectueux de tout le monde, notamment dans le service public, en particulier dans un lieu de privation de liberté et de rétention administrative…. Si un médecin n'aime pas les étrangers ou ce travail particulièrement, il ne me semble pas qu'il soit obligé de venir travailler au C.R.A.
Avec ce comportement, je comprends que les détenus se plaignent de ne pas voir de médecin, … d'ailleurs peut être, ne veut elle voir personne, également ?
Aurait-elle oubliée qu'elle est médecin pour un service de santé publique ?
Enfin j'ai rencontré les deux personnes de la Cimade.
Des hausses de tensions sont constatées depuis plusieurs semaines, et cet incident d'intoxication alimentaire a été traumatisant pour tout le monde, déclencheur d'angoisse supplémentaire, engendrant de nouvelles violences en particulier contre eux-mêmes, face à la violence institutionnelle et à la violation de la dignité humaine vécu par l'enfermement dont sont victimes au quotidien ces étrangers.
La situation au C.R.A me semble particulièrement sensible, et je pense que le contrôleur des lieux de privation de liberté devrait revenir dans ce C.R.A et s'arrêter en particulier sur le service médical et la restauration.
Avec le « Jungle-tour », les associations de défense des migrants mettent la petite reine au service des exilés
La « jungle » de Calais a été démantelée depuis près d'un an, mais la situation des migrants ne s'est pas améliorée.
Pour remobiliser l'opinion, plusieurs associations lancent, du 4 juilletau 12 juillet, le « Jungle-tour ». À vélo, les participants rallieront par étapes différents lieux du Nord - Pas-de-Calais où les exilés font halte. « Les problèmes à la source ne sont pas résolus. La plupart des migrants arrivent de toutes les grandes zones de conflits actuelles, que ce soit l'Afghanistan ou l'Afrique de l'Est », explique Philippe Wannesson de l'association La Marmite aux idées.
Anti-Tour de France « La disparition de la « jungle » de Calais n'a fait que disséminer les migrants. De 800 personnes originellement, 400 sont toujours sur place. Pour ceux-là, les conditions sanitaires se sont un peu améliorées, mais beaucoup se cachent. Il est plus difficile de les rencontrer », déplore le militant. Tout au long de l'autoroute, les migrants, dont une forte proportion de mineurs, squattent des bâtiments abandonnés ou habitent des campements de fortune, les « jungles », « notamment faute de places dans les centres d'accueil dans le cadre du dispositif national d'asile ».
Pour alerter sur cette situation, le peloton de cet « anti-Tour de France, sans caravane publicitaire ni distribution de casquettes » s'élancera d'Arras demain. Progressant de 30 à 60 km par jour, les participants s'arrêteront notamment une journée à Calais et une journée à Dunkerque, ces deux villes comptant le plus grand nombre d'exilés. À chacune des étapes, des actions de sensibilisation sont prévues. « L'objectif est de montrer aux migrants qu'ils ne sont pas seuls, mais également de créer un lien entre les associations et de réinformer le public sur les conditions de vie ou plutôt de survie des exilés en France », explique Alain Delame, d'Amnesty International. Une piqûre de rappel, avant l'examen en septembre par l'Assemblée d'un projet de loi sur l'immigration que redoutent les associations.
www.jungletour.sitew.com 06 32 97 04 07
LE PARCOURS :
4 juillet : Arras - Angres. Passage par Avion, Loos-en-Gohelle et Grenay.
5 juillet : Angres - Norrent-Fontes.
6 juillet : Norrent-Fontes -Saint-Omer.
7 juillet : Saint-Omer - Calais.
8 juillet : Journée à Calais. Déjeuner au parc Richelieu.
9 juillet : Calais - Dunkerque. Visite à la « jungle » de Grande-Synthe.
10 juillet : journée à Dunkerque. Déjeuner à la « jungle » de Loon-Plage.
11 juillet : Dunkerque - Bailleul. Visite à la « jungle » de Téteghem.
12 juillet : Bailleul - Lille
[Source : SÉBASTIEN DUMOULIN pour La Voix du Nord]
Le Royaume-Uni veut un quota de « travailleurs migrants non communautaires? »
Dépêche AP : http://www.google.com/hostednews/ap...
Selon le Times, la nouvelle ministre de l'intérieur britannique annoncera, qu'entre maintenant et avril 2011, il ne sera accordé un titre de séjour qu'à un nombre maximum de 24 100 travailleurs migrants hors UE.
Très récemment, le nouveau ministre de l'immigration avait déclaré que le gouvernement envisageait de réduire l'immigration jusqu'au niveau de celle des années 90.
Report : UK to impose temporary cap on migrants
A newspaper is reporting that Britain's new government intends to impose a temporary limit on the number of foreign workers from outside the European Union it allows into the country.
The Times said Home Secretary Theresa May will announce a maximum of 24,100 workers from outside the EU will receive permission to enter Britain between now and April 2011, when new immigration rules go into effect.
The Home Office had no comment on Saturday's report, which said 54,500 economic migrants from outside the EU came to Britain last year.
Earlier this week, immigration minister Damian Green said the government planned to reduce migration levels back to 1990s levels — « to tens of thousands rather than hundreds of thousands. »
[Source : migreurop]
Seize migrants morts noyés entre la Grèce et la Turquie?
Neuf victimes, six hommes et trois femmes, ont été découverts mardi sur les berges grecques du fleuve, tandis que cinq autres cadavres ont été repérés côté turc, et les autorités turques averties, selon la même source. Les corps de deux femmes avaient déjà été retirés des eaux le 25 juin.
Selon la police, les victimes, dont neuf identifiées comme d'origine africaine, faisaient partie d'un groupe qui avait tenté de franchir l'Evros, les adultes à la nage et les mineurs, dont des enfants en bas âge, dans une barque, alors que les eaux du fleuve étaient gonflées par de fortes précipitations.
Le 25 juin, 25 d'entre eux, dont dix mineurs, Africains et Afghans, avaient été interceptés par les autorités grecques qu'ils avaient informées de la noyade de leurs compagnons. Le dernier drame de ce type signalé en Grèce remonte à janvier, quand douze corps de migrants noyés avaient été retrouvés sur les côtes près d'Alexandroupolis, dans le nord-est de la Grèce.
Selon le Forum des migrants de Grèce, plus de 500 personnes sont mortes noyées depuis 2007 en tentant de gagner la Grèce pour la plupart au départ des côtes turques.
Aux confins sud-orientaux de l'Europe, la Grèce reste le principal point d'entrée des migrants irréguliers en Europe. En 2009, 48.000 arrivants clandestins ont été arrêtés aux frontières terrestres et 30.400 aux frontières maritimes, soit 75% du total des entrées irrégulières dans l'UE, selon l'Agence européenne de surveillance des frontières, Frontex.
Rapport sur les pratiques consulaires en matière de délivrance des visas?
Publication de « VISA REFUSE », Enquête sur les pratiques consulaires en matière de délivrance des visas
[(Report in french) In 2009, Cimade did a campaign of observation in six countries (Ukraine, Turkey, Morocco, Algeria, Senegal and Mali) to compile an inventory of consular practices, understand the impact of recent legislative developments.
The observation report provides a statement highly critical of practices of these administrations ignored, it also reveals the wide disparities existing between the various consulates and reflects a more heterogeneous than reality would suggest the high rates of visa brandished by the ministry of Immigration.]
Depuis plusieurs années, les permanences de La Cimade se font écho du labyrinthe administratif dans lequel se perdent ceux qui demandent un visa pour pouvoir venir en France. Cependant à cause de l'opacité qui règne sur les pratiques des consulats, lointains et méconnus, il est devenu très difficile d'orienter les étrangers en proie à cet univers kafkaïen. La délivrance des visas constitue pourtant aujourd'hui un outil essentiel de la politique d'immigration française.
En 2009, La Cimade a donc lancé une campagne d'observation dans six pays différents (Ukraine, Turquie, Maroc, Algérie, Sénégal, Mali) afin de dresser un état des lieux des pratiques consulaires, comprendre l'impact des dernières évolutions législatives en la matière et pouvoir apporter des propositions concrètes d'amélioration au dispositif en place.
Si le rapport d'observation dresse un constat très critique des pratiques de ces administrations méconnues, il dévoile aussi les grandes disparités existantes entre les différents consulats et rend compte d'une réalité plus hétérogène que ne le laisseraient penser les forts taux de délivrance de visa brandis par le ministère de l'Immigration.
> Télécharger la première partie du rapport, Analyse des politiques publiques et des pratiques consulaires :
> Télécharger la deuxième partie, Rapports de mission :
En Lybie, en ce moment, dans les camps financés par l'union européenne?, des centaines de migrants traités de façon inhumaine et scandaleuse !
Résumé d'infos à partir de : http://fortresseurope.blogspot.com/...
http://fortresseurope.blogspot.com/...
Ces derniers jours la Lybie est en train d'organiser la déportation massive d'Erythréens enfermés depuis plusieurs mois voir plusieurs années dans ces fameux camps de rétention construits pour protéger l'Europe et donc financés par l'Union européenne. Mardi, dans un de ces camps, celui de Misratah, lors des procédures d'identification des révoltes ont éclatées et de violents affrontements avec la police ont eu lieu. Il y a eu également une tentative d'évasion et des personnes qui ont préféré essayer de se suicider plutôt que de risquer l'identification et l'expulsion, cette expulsion signifiant tortures, travaux forcés et camps de redressement militaires.
Suite à cette révolte, 250 Erytréens emprisonnés à Misratah ont été réveillés dans la nuit du 29 au 30 juin par l'armée libyenne. Elles ont été chargées de force dans des containers pour les transporter vers une autre prison, celle de Sebha afin de vider le camp de Misratah suite à la révolte. Le voyage a duré 12h dans des conditions terribles (très forte chaleur, manque d'air...). L'association érythréenne Habeshia de Rome a pu avoir des nouvelles des déportés maintenant qu'ils sont dans cette prison de Sebha.
Selon les témoignages recueillis dans chaque cellule, sont confinées environ 90 personnes. La surpopulation est telle qu'ils ont passé la première nuit assis parce qu'il n'y a pas de place pour étendre les jambes, il y a peu d'eau et peu de nourriture, même pas assez pour nourrir la moitié des détenus. Les expéditions punitives des flics libyens continuent. Toutes les deux heures les gardiens entrent dans les cellules et battent les prisonniers sans raison. Cinq Érythréens qui ont été blessés lors des affrontements du 29 sont dans un état grave. À la violence s'ajoutent les humiliations : la moitié des déportés sont nus parce qu'ils ont été pris de force pendant leur sommeil.
Les Erythréens expulsés vers Sebha, dont beaucoup sont incarcérés depuis plus de deux ans, exigent que les institutions nationales et internationales leur reconnaissent le droit d'asile politique et la liberté.
Les Nations Unies, l'OIM, Amnesty International, HRW et la Croix rouge internationale ont été informés de la situation par forteresse Europe et l'association érythréenne Habesha.
[Source : rétention_l]
Pays-Bas : une femme enceinte meurt faute de soin dans un centre pour demandeur d'asile?
Le samedi 27 juin, au petit matin, une jeune femme enceinte est morte dans un centre pour demandeur d'asile où l'Etat néerlandais l'avait placée en attendant de statuer sur sa demande pour obtenir le statut de réfugiée. Elle est morte dans un couloir, sur un matelas où les autres réfugiés l'avaient transportée en attendant les secours. Cette jeune femme somalienne souffrait depuis des semaines de très fortes douleurs dans le ventre. À la merci à la fois du personnel qui gère le centre, appelant les médecins ou les ambulances quand ils le jugent nécessaire, et d'un personnel médical qui semble particulièrement incompétent quand il s'agit de demandeurs d'asile, ses co-détenus* ont eux mêmes demandé de l'aide et témoignent de la négligence dont elle a été l'objet. Cette jeune femme venait d'arriver aux Pays-Bas avec son mari et ses trois enfants. Elle quittait la Somalie et espérait trouver asile en Europe, elle a trouvé l'enfermement et la mort.
* « Co-détenus » car aux Pays-Bas, dans les centres pour demandeurs d'asile il semble qu'on ne soit pas libre du tout. De plus, aux Pays-Bas, comme ailleurs, tous les glissements sémantiques qui transforment les « prisonniers » en « résidents », les « centres de rétention » en « centres d'accueil », les « expulsions » en « reconduites ou éloignements » n'aident pas à comprendre. Si d'autres personnes en savent plus, merci de nous éclairer un peu.
Liens :
http://indymedia.nl/nl/2010/06/6858...
http://www.nieuwsbladdekaap.nl/page...
http://www.trouw.nl/nieuws/nederlan...
[Source : rétention_l]
Vendeurs… et sans papiers
Article intéressant l'huma sur Chevaleret?. À lire attentivement puisqu'on y apprend que la loi Loppsi prévoit un délit de vente à la sauvette, puni de 6 mois d'emprisonnement ! Ça donne aussi du sens à l'opération policière au foyer. Car il est très probable que plusieurs personnes aient été déférées devant un juge d'instruction. [Rétention_l]
La « vente à la sauvette » n'est pas un délit, mais une simple contravention sanctionnée d'une amende maximale de 750 euros.
Au lendemain de l'opération, un point presse a été organisé par la Direction de sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP). Son directeur, Alain Gardère, évoque le démantèlement d'un trafic de vente à la sauvette (tours Eiffel miniatures, cartes postales) et l'arrestation de 39 personnes, gérants de société, intermédiaires ou vendeurs. Elles pourraient être poursuivies pour infraction à la législation sur les étrangers, aide au séjour irrégulier en bande organisée ou association de malfaiteurs visant l'aide au séjour sur le territoire national. Rien donc sur la « vente à la sauvette », qui n'est pas un délit, mais une simple contravention sanctionnée d'une amende maximale de 750 euros.
Alain Gardère décrit des vendeurs « de plus en plus agressifs », qui achètent un paquet de 50 tours miniatures pour 5 euros pour les revendre entre 1 euro et 3 euros pièce. Ce qui, d'après les calculs du député UMP Philippe Goujon, pourrait leur rapporter jusqu'à… 2?000 euros par semaine. Un chiffre qui paraît exorbitant? : « Un vendeur de ce genre d'objets peut gagner 50 euros par jour, grand maximum », rapporte un connaisseur du phénomène. Qu'importe, le député a fait adopter en janvier dernier un amendement à la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2, pas encore votée définitivement) qui crée un délit de vente à la sauvette passible de six mois d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende, peines aggravées lorsque le délit est commis « en bande organisée ou de manière agressive ».
[Source : L'Humanité]
Solidarité avec les Rroms du Hanul !?
Ce matin plusieurs dizaines de policiers sont venus expulser le camp rrom du Hanul à Saint-Denis. Vingt minutes après leur arrivée, tou-t-es les habitant-e-s, qui ont résisté, étaient dehors et les pelleteuses rentraient en action défonçant habitations et affaires. Cette technique couramment utilisée permet de réduire en quelques minutes des zones d'habitation en tas de gravats.
Ordonnée par le nouveau préfet du 93 fraîchement nommé cette opération policière revêt un caractère d'exemple : le Hanul était le plus ancien camp de Rroms de la région, le plus connu, acquis de longue lutte. En clair, cela signifie que « le 93 ne tolérera plus aucun camp de Rroms. » Cette expulsion n'est évidemment pas la première et ne sera pas la dernière. Depuis des années, les Rroms en France mais en Espagne ou en Italie doivent faire aux expulsions de terrains comme Porte de Paris il y a quelques jours, aux rafles et aux expulsions collectives (appelées retours volontaires) vers la Bulgarie ou la Roumanie. Expulsions durant lesquelles travaillent main dans la main la police française et la police roumaine ou bulgare, et bien souvent aussi la Croix-Rouge qui sous couvert d'humanitaire collabore de fait avec les autorités.
L'opération de ce matin s'inscrit plus généralement dans une chasse aux pauvres et aux étrangers : rafles dans les quartiers populaires, ou dans les foyers, comme à Chevaleret (13e) la semaine dernière où la police a arrêté des vendeurs à la sauvette, rafles aux puces libres de Montreuil, harcèlement des biffins de Belleville…
RELOGEMENT DES HABITANTS DU HANUL !
LIBERTE DE CIRCULATION ET D'INSTALLATION !
Vidéo d'une manifestation à Istanbul? devant le centre de détention de Kumkapi
Here is a video from the demonstration organized on friday 2/7 by the Migrants Solidarity Network and ESF's' migration network at Kumkapi detention center in the center of the city.
[Voici une video d'une manifestation organisée le vendredi deux juillet par le Réseau Migrants Solidarité et ESF réseau migration au centre de détention de Kumkapi au centre de la ville d'Istanbul.]
European Social Forum 2010 – ?stanbul – Göçmen A?? Kumkap? Eylemi from fotoakbaba on Vimeo.
FTCR : accord franco-tunisien contre « l'immigration clandestine? »
Le processus de lutte contre « l'immigration clandestine » en France bat son plein. Le gouvernement français ne baisse pas les bras dans la chasse des sans-papiers vivant sur le territoire français et également les personnes candidates à l'émigration.
Les accords bilatéraux entre la France et les pays de l'autre rive de la méditerranée se multiplient. La Tunisie ne déroge pas à la règle. La Tunisie et la France viennent de conclure un accord bilatéral de coopération destiné à lutter contre « l'immigration clandestine ». Cet accord renforce l'accord global dit de gestion concertée des flux migratoire signé par les deux pays en avril 2008.
L'externalisation de la lutte contre « l'immigration clandestine » devient le leitmotiv de la politique anti-immigration en France et en Europe. C'est aux pays frontaliers de traiter ce type d'immigration et de faire la traque aux candidats à l'immigration. La France, pays des droits de l'homme et pourvoyeuse généreuse apporte les équipements et le matériel nécessaire à cette chasse et son aide au développement concernant les réadmissions dans leur pays d'origine d'« immigrants illégaux » présents sur son territoire. Les deux ministres (tunisiens et français) ont plaidé pour une immigration concertée c'est-à-dire une immigration qui répond à la politique de l'« immigration choisie » appliquée en France. En 2009, 300 tunisiens sur 9000 sont entrés en France dans le cadre de cette loi.
La FTCR, association issue de l'immigration, n'a de cesse de dénoncer la floraison de lois anti-immigrées et les pratiques inhumaines qui en découlent. Dans cet état d'esprit, la FTCR :
- Dénonce avec vigueur cet accord dit de coopération pour lutter contre l'« immigration clandestine » entre la Tunisie et la France
- Dénonce également la collaboration des instances consulaires tunisiennes qui délivrent des laissez-passer pour les tunisiens dans les centres de rétention.
- S'insurge contre ce type d'accord et exige la libre circulation pour tous les candidats à l'immigration et la fin de la chasse aux « clandestins ».
Paris, le 05.07.10
Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives – FTCR
3 rue de Nantes
75009 Paris
Tel/Fax : 00 33 1 40 34 18 15
ftcr@ftcr.eu
www.ftcr.eu
À propos des Erythréens prisonniers en Lybie : la régularisation contre le travail forcé ??
La dépêche AFP annonce cela comme une victoire : La Libye annonce la régularisation de 400 immigrés clandestins érythréens.
http://www.google.com/hostednews/af...
Mais si on lit cet article de l'unita on voit ce que signifie régularisation : le travail forcé (le travail socialement utile appellent-ils cela…).
http://www.unita.it/news/italia/100...
Les Erythréens prisonniers en Lybie demandent le statut de réfugié politique et ne veulent pas rester travailler en Lybie. Une centaine d'entre eux rappelle qu'ils ont été refoulés par les autorités italiennes.
[Source : rétention_l]
Article en italien :
Accordo beffa per gli eritrei detenuti in Libia
La Libia, nell'occhio del ciclone, per la vicenda umanitaria dei 250 eritrei detenuti e picchiati ogni due ore in un lager libico, tenta di calare il sipario sul caso. È stato raggiunto l' « accordo di liberazione e residenza in cambio di lavoro » per i rifugiati eritrei rinchiusi nel carcere libico di Brak nei pressi di Seba, nel sud della Libia. Ma per gli eritrei non è per nulla una liberazione. Saranno costretti a restare in Libia, a lavorare nei campi di lavoro del colonnello Gheddafi. Altro che liberazione. Una soluzione per nulla vicina alle richieste degli eritrei. Molti di loro, infatti, sono stati più volte rispediti dall'Italia in Libia, senza che nessuno gli abbia chiesto i documenti o sentito le loro storie. Gli eritrei prigionieri in Libia hanno diritto allo status di rifugiato ed è l'italia il primo paese dove sono sbarcati. Ma il ministro dell'Interno Maroni mette le mani avanti : « L'Italia non è responsabile per gli eritrei ».
Cnrmedia ha raggiunto telefonicamente uno dei rifugiati eritrei nel campo di prigionia Braq poco dopo la notizia della loro liberazione da parte del governo libico. « Abbiamo saputo stamattina della nostra liberazione - ha detto il prigioniero eritreo che si fa chiamare Daniel - non vogliamo restare a lavorare in Libia perchè questo paese non ci riconosce lo status di rifugiati politici. E in qualsiasi momento potremmo essere deportati in Eritrea ».
« Oltre cento di noi volevano raggiungere l'italia e sono stati respinti dalle autorità italiane - sottolinea -. Questo è bene che gli italiani lo sappiano. Non è vero quello che dice il vostro ministro( Maroni, ndr). Noi chiediamo lo status di rifugiati politici. Siamo stati respinti dalla Guardia costiera italiana senza che ci chiedessero i documenti. Più della metà di noi durante lo scorso anno ha cercato di venire in Italia ma è stata respinta. Poi abbiamo cominciato a girare di prigione in prigione e, alla fine, siamo arrivati ad al Barq. Da quando siamo stati respinti dalle autorità italiane abbiamo affrontato torture e percosse in ogni prigione dove siamo stati rinchiusi fino ad arrivare qui, nel deserto, in una condizione disumana ».
Il ministro della Pubblica Sicurezza Libico, Gen. Younis Al Obeidi, secondo quanto riferiscono fonti locali dell'Organizzazione Internazionale per le Migrazioni (Iom), di tutto questo tace. E riferisce che è stato firmato con il Ministero del Lavoro libico un accordo che consentirà agli eritrei rinchiusi a Brak, di uscire in cambio di « lavoro socialmente utile in diverse shabie (comuni) della Libia ». In pratica gli eritrei - che si trovano nel centro di detenzione di Braq da 8 giorni durante i quali hanno denunciato di essere sottoposti a maltrattamenti e torture e hanno rivolto un appello all'Italia e all'Europa affinchè li inseriscano in un programma di « resettlement » per rifugiati politici - resterebbero prigionieri in Libia.
07 luglio 2010
Un centre pour demandeurs d'asile en feu en Norvège?
Hier, à Buskerud, en Norvège, un camp pour les déboutés de l'asile, a brûlé pendant une révolte. Le centre semble être entièrement détruit. Personne n'a été blessé mais 23 personnes ont été arrêtées aujourd'hui soupçonnées d'avoir mis le feu au centre. L'état norvégien souhaite « les expulser par la force le plus rapidement possible si elles ne partent pas d'elles-mêmes ».
L'incendie semble faire suite à plusieurs jours de protestation. Selon la presse, l'élément déclencheur aurait été les mauvaises conditions de vie : nourriture insuffisance, absence de soins psychiatriques, douches froides... et puis, certaines personnes y étaient depuis 2006 ! Tout a commencé hier matin, les retenus ont commencé par détruire différents matériels et a brisé les vitres. Ensuite, ils auraient allumé plusieurs petits feux.
http://europenews.dk/en/node/33553
http://theforeigner.no/pages/news/a...
[Source : rétention_l]
La compagnie irrégulière - Théâtre des Sans-Papiers - Vidéo
La pièce de théâtre de la Compagnie irrégulière, montée pendant la marche de Paris à Nice. Jouée à la Parole Errante à Montreuil le 20 Juin 2010.
La compagnie irrégulière - Théâtre des Sans-Papiers
envoyé par Tele-liberte. - http://teleliberte.net/
Le Préfet du Val de Marne condamné à dix reprises pour avoir violé le droit d'asile
Par dix décisions, le tribunal administratif de Melun considère que le Préfet du Val de Marne (94) porte délibérément atteinte au droit d'asile en exigeant en toute illégalité que les demandeurs d'asile justifient d'un lieu de résidence pour renouveler leur autorisation de séjour.
Communiqué de presse - 15 juin 2010
Le Préfet du Val de Marne condamné à dix reprises pour avoir violé le droit d'asile
Par dix décisions, le tribunal administratif de Melun considère que le Préfet du Val de Marne (94) porte délibérément atteinte au droit d'asile en exigeant en toute illégalité que les demandeurs d'asile justifient d'un lieu de résidence pour renouveler leur autorisation de séjour.
Pour le service asile de la préfecture, cette exigence permet de dissuader un certain nombre de gens de déposer un dossier dans le département et de réguler à sa manière le flux des demandeurs d'asile.
Pourtant, en octobre 2005, le Conseil d'État a jugé que les préfets ne peuvent pas refuser un titre de séjour au motif qu'un demandeur d'asile n'a pas de lieu de résidence, et qu'il leur appartient de renouveler ce titre sur simple présentation d'une adresse postale. Passant outre, la préfecture du Val de Marne contraint les demandeurs d'asile à vivre dans une insécurité juridique et dans une extrême précarité.
Ces personnes, qui ont fui des persécutions et tentent d'obtenir une protection de l'État français se retrouvent privées de leurs droits sociaux fondamentaux : elles ne peuvent plus percevoir l'allocation de survie (un peu plus de 300 euros par mois), elles ne peuvent plus retirer leurs courriers recommandés concernant leur procédure et elles peuvent être arrêtées à tout moment par la police sans pouvoir présenter un document les autorisant à séjourner en France.
Mais le comble est que le préfet qui exige illégalement des demandeurs d'asile une adresse stable, s'abstient quant à lui de remplir sa propre obligation de leur proposer un hébergement, conformément à la règlementation.
Les associations signataires déplorent que le ministre de l'Immigration, ne fasse preuve d'aucune volonté pour mettre un terme à ces pratiques illégales, malgré nos alertes répétées. Cette tolérance, ou cette incapacité à surveiller les pratiques du représentant de l'État dans le Val de Marne, porte une atteinte grave aux droits fondamentaux des demandeurs d'asile et tranche nettement avec les discours officiels encensant la qualité de l'accueil des demandeurs d'asile en France.
Nous exhortons le ministre de l'Immigration, en charge du droit d'asile, à mettre immédiatement un terme à cette pratique illégale.
Organismes signataires :
ACAT France (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture)
Amnesty International France
La Cim ad e
Dom'Asile
GAS (Groupe Accueil et Solidarité)
Secours Catholique Ile de France
Pièce de théâtre des marcheurs sans papiers
Durant la marche de Paris à Nice, les marcheurs sans papiers ont monté une pièce de théâtre, en plusieurs actes, sur la situation des personnes sans papiers en France. Après avoir donné plusieurs représentations, notamment au cours de la marche, la pièce sera jouée à Paris.
Venez la voir le dimanche 20 juin, à la Parole errante, 9, rue François Debergue - 93100 Montreuil (Tél : 01 48 70 00 76 - Fax : 01 48 70 03 24), métro Croix de Chavaux à 18 heures.
Des films de la marche seront aussi projetés.
Et sinon, le programme de la journée, dès 16h, à la Parole Errante, cliquez ICI.
Marche Paris-Nice, le retour !
Les voici revenus à Paname ! Après un mois de marche de Paris à Nice - avec pour terminus le fief d'Estrosi, son sommet franco-africain et son déploiement policier démesuré —, les 90 marcheurs sans-papiers sont rentrés à la maison. Fiers et heureux, mais le cœur pincé de voir s'achever l'aventure. Retour sur une très belle randonnée jaune fluo, unanimement boudée des médias.
Publié par Anita pour le site Article 11
NB : Anita avait déjà réalisé un article sur le début de la marche des sans-papiers et sur ses raisons, ICI.
Par ailleurs, les photos illustrant ce nouvel article sont aussi œuvre d'Anita.
« Tout le monde dit « les papiers, les papiers ». Mais ce qu'on a fait, c'était pas seulement ça… Il y a eu tout le reste, comment dire, les gens, les choses… C'est plus que les papiers, ça… » Dans son pyjama bleu de l'hôpital Bichat, Moussa s'agace de ne pas trouver les mots de son émotion, les liens tissés au fil des jours de cette traversée du pays que beaucoup ne connaissaient pas : « Je suis à Paris depuis cinq-huit-dix ans, je n'avais rien vu de la France ! » Dans chaque ville, dans chaque village, dans le concert de tam-tams et de slogans inlassablement criés, Moussa a soufflé dans sa trompette de tifosi aux couleurs bleu-blanc-rouge, ramassée un soir de match. Il pense que c'est ce qui lui a valu son infection au poumon : pour lui, la marche s'est prolongée d'une semaine d'hôpital. Une cigarette à la main, il descend au bas du bâtiment des maladies infectieuses pour guetter Mohamed, qui vient lui rendre visite après son boulot, les bras chargés de fruits. Et qui a un autre avis sur la question : « C'est pas la trompette. Où est-ce que tu vis ? Il y a du chauffage ? » Non, depuis plusieurs années Moussa habite un squat insalubre et il n'aime pas le chauffage : « Ça fait des odeurs bizarres… » Marie arrive à son tour aux nouvelles, elle qui a emmené Moussa aux urgences trois jours après l'arrivée à Paris, « juste à temps ». Voisine de l'occupation rue Baudelique, depuis des mois elle passe quotidiennement aider les occupants à remplir les formulaires de demande d'Aide médicale d'État, dont beaucoup ignoraient qu'ils y avaient droit. « On a des piles de photocopies, et on fait ça à la chaîne. On a dépassé le millier de personnes couvertes. »
Lorsqu'on demande aux délégués comment s'est fait le choix des marcheurs parmi les centaines de candidats au départ, ils répondent qu'être couvert par l'AME était la première des conditions ; la répartition s'est ensuite faite entre les quatorze collectifs qui composent le MRSTP (ministère de la Régularisation de tous les sans-papiers). Si le départ fut un peu chaotique — pour ne pas dire bordélique — les choses se sont améliorées au fur et à mesure. En quelques va-et-viens pour trouver baskets et duvets manquants. Avec la location d'une remorque accrochée au cul de la vieille Volvo de François, qui s'est tapé les bagages pendant un mois. Et par des ajustements de trajets après quelques couacs, comme à Cesson : après une vaine attente dans son village, le maire a couru après la troupe embarquée sur une fausse route, pour finalement faire son discours le long des prés, son écharpe tricolore au vent. Même si les premiers jours furent difficiles, avec des refus de maires d'héberger les marcheurs (à Vitry, à Evry), de longues étapes, de la pluie et du froid, des bobos sur des pieds peu habitués à ce type d'exercice, la troupe s'est renforcée peu à peu. En Bourgogne, les oiseaux de mauvaise augure qui avaient annoncé « Vous ne dépasserez pas Melun ! » ont dû fermer leur clapet.
Se confirmant chaque jour, l'engouement suscité par la marche a sidéré les marcheurs. « Ils nous accueillent, nous trouvent un logement et à manger, et en plus ils nous disent merci ! », s'étonne Salim. Fêtée partout où elle passait, la marche a été reçue par des élus, des militants, des villageois, des artistes, des religieux catholiques ou musulmans, par des associations, partis ou syndicats, unis pour l'occasion… Une question d'organisation aussi, explique Ambre du NPA, qui a, avec Simone de la Fasti, planifié l'itinéraire depuis Paris : « On a défini le trajet en fonction du kilométrage, de la taille des villes ; puis, on a contacté les mairies. Elles ont parfois fourni hébergement et nourriture, ou bien le collectif d'accueil s'en chargeait. Quand on rencontrait un problème, on appelait les villes alentour. Au début, c'était le bordel, puis ça s'est amélioré au fur et à mesure de la marche. À Roussillon, la mairie PCF a tout pris en charge ; à Cliousclat, c'est une femme qui a mobilisé son patelin de 500 habitants ; à Saint-Vallier, c'était tendu, mais on a trouvé la solution dans la journée… Et on a reçu chaque jour des appels et des mails de gens qui voulaient recevoir les marcheurs, de partout ! Il y a parfois eu une dynamique folle ; comme dans l'Yonne, on ne s'y attendait pas… »
À Lyon, étape de la mi-parcours, les marcheurs s'arrêtent deux jours, accueillis par une belle manifestation et hébergés chez les artistes de l'immense squat de la Friche. Visite guidée sur un mode burlesque, projection des premières images réalisées par l'association Combats ordinaires, qui suit la troupe et monte tous les cinq jours un carnet de la marche en vidéo, intervention de l'association Survie, débat… Le porte-parole Sissoko en profite pour souligner la chaleur de l'accueil dans les villes traversées : « Nous avons vu que les Français soutiennent les sans-papiers. Nous avons été reçus par plus de dix maires, dont deux UMP, qui sont sensibles à la cause des sans-papiers ! On a même reçu des médailles ! C'est vrai : à Rully, le maire a fait dresser des tables aux nappes blanches et remis la médaille du Mérite aux marcheurs…
De quoi motiver. Samia, l'une des deux femmes sans-papiers présentes à la marche, prend désormais la parole partout : « J'ai l'honneur de faire la marche, je représente ici toutes les femmes sans-papières. Merci à toutes les soutiennes ! » Cette « déléguette », comme elle se nomme elle-même, est aux anges : « Depuis Melun on est bien. Il y avait trop de problèmes de pied, mais maintenant ça va. On trouve l'ambiance, et nous-mêmes on fait l'ambiance. Maintenant on se connaît, entre hommes et femmes ça va... On voyage, on fait comme les scouts. On voit tout, on traverse tout, et gratuitement ! Personne ne nous demande le Pass navigo, la police ne nous embête pas… Je ne veux pas qu'on rentre tout de suite, je veux que la route soit longue ! »
On avance vers le sud et le temps se réchauffe, côté météo et côté marcheurs. On moque les délégués, on chambre Djamila qui, malgré son manque d'entraînement, met un point d'honneur à marcher en tête. On repère qui s'éclipse acheter des clopes ou la presse locale — qui le plus souvent fait son travail. Au fil des jours, des amitiés se tissent, le malien Abdoulaye, infatigable lanceur de slogans, mange aux côtés du discret Cheng, roulant le riz dans sa main tandis que le second le mange à la baguette. Des amours naissent, des talents sont découverts, on découvre les voix de Hakim, de Salim qui adapte un vieux tube de Zao repris en chœur : « Tout le monde cadavéré, et moi-même cadavéré ! Marquer le pas, 1, 2 ancien combattant ! », Waël écrit un rap qu'il tente de traduire : « J'suis un blédard, j'travaille au noir… » On réclame un discours du Haïtien Châtaigne, surnommé Victor Hugo pour ses diatribes enflammées toujours applaudies par le public : « Nous ne sommes pas des sacrifiés ! Y a pas de sacrifices quand vous souffrez ! Y a pas de sacrifice quand vous fuyez devant la police ! Je marche, j'ai envie de marcher, de montrer que je suis libre. Ce n'est pas une question de papiers qui me fait reculer ! Parce que j'ai la loi avec moi ! Nous travaillons, nous payons nos impôts et nos taxes ! Donc nous avons le droit d'exister ! » La France toute entière est là, chaque étape voyant arriver quelques nouveaux marcheurs qui se mêlent au flot pour un ou deux jours, discutent, interviewent, donnent des contacts et repartent en chantant.
Le soir, lors des installations dans les gymnases, dans un méli-mélo de matelas, de sacs, de linge à sécher et de théières où bout un thé noir, on voit passer les silhouettes des militants de Médecins du Monde qui assurent un relai quasi quotidien auprès des marcheurs, leur apportant soins, massages ou chaussettes. C'est l'heure où quelques-uns cherchent un coin où poser une tente, échaudés par les nuits collectives : entre ceux qui se couchent tard avec fracas, la démarche zigzagante d'avoir refait le monde sous les étoiles à coup de rosé, ceux qui ronflent ou se lèvent faire pipi, ceux qui — même — lancent les slogans en dormant, et enfin ceux qui font sonner leur réveil à 4 heures du mat' pour la première prière, le sommeil est incertain. La consigne est de rester groupés, certains craignant des agressions racistes. Mais à part un caillou et quelques insultes jetées des voitures, rien de ce genre ne ternira la marche, même dans le Sud.
En région PACA, c'est la dernière ligne droite, après deux jours de repos à Avignon, dans un centre de vacances du PC, où parmi les militants anonymes chantent à pleine voix Ilham Moussaïd du NPA, qui déclencha la tempête médiatique que l'on sait [1], et Pauline, six ans, qui demande à sa maman si « ces gens vont faire le tour du monde ». L'accueil de Salon-de-Provence est un peu surréaliste : le maire socialiste ayant refusé d'ouvrir un gymnase « pour raisons de sécurité », on dormira dans un lycée catholique où une jeune masseuse s'occupe de quelques dos fatigués, tandis que les bonnes sœurs servent un couscous à la paroisse du père Michel (« Accueillir l'autre, c'est toujours accueillir le Christ, même s'il est sans-papiers »), couscous préparé par une Marocaine tout juste régularisée.
À Marseille les marcheurs sont reçus par la maire du 15e arrondissement, manifestent pour les retraites puis devant la préfecture et devant la statue des colonies de l'escalier de la gare Saint Charles, boivent le café au Conseil régional… Le soir, c'est fête et courts-métrages porte d'Aix où une énorme cuisine de rue sert un repas terrible aux marcheurs, aux militants et à tout le quartier pendant des heures : « On fonctionne en réseau, on est nombreux…On fait des collectes auprès des commerçants et on travaille souvent avec les paysans de la région. » Le lendemain, au théâtre Toursky, quelques marcheurs jouent la première de leur pièce, écrite à partir d'histoires vécues, répétée lors des pauses au fil des étapes, déclenchant des tempêtes de rires parmi le public — les sans-papiers riant de plus belle lors des scènes de tabassage… Quant au petit dej', il est servi par une association de femmes musulmanes. À Aix, le collectif a payé l'auberge de jeunesse, et l'on dort dans des draps pour le première fois, après un pique-nique dans la cité voisine qui vire en fiesta grâce aux talentueux agités de la ZEP (Zone d'expression populaire du groupe MAP, de Lille), de passage dans la région. Le lendemain, lors de l'immense cercle de silence organisé en ville, Sissoko prévient les marcheurs : « Les deux derniers jours seront aussi importants que les 28 autres. Même si on vous insulte, même si on vous agresse, ne répondez pas. Restez groupés. »
L'ambiance se tend, en effet, sur la Côte d'Azur. Les maires de Cannes et Nice ont refusé l'arrivée à pied dans leurs villes, et l'on doit louer des cars. À Cannes le rassemblement voit débarquer quelques fachos tenant une banderole derrière un cordon de CRS. Alors que les marcheurs veulent repartir à pied, les flics font barrage, et pas moins de huit camions escortent les deux bus sur Nice, pour empêcher qu'ils ne s'arrêtent avant l'endroit autorisé…
Nice est surfliquée. L'accueil chaleureux du collectif et des clowns venus de Marseille, Lyon, Paris, des militants déjà croisés à Valence, Avignon ou Cannes, anime une manif un peu difficile devant le centre de rétention — un bâtiment qui servait jadis à rassembler les Juifs avant leur déportation —, les sans-papiers enfermés s'agitant aux messages des marcheurs et du concert qui suit, ceux du dehors parfois pris de malaise. Besancenot est là. Dans la ville du mimosa, la CGT06 montre un autre visage que celui de l'UD Paris : ses militant(e)s font pression sur la ville pour trouver in extremis un lieu pour dormir et rappellent qu'ici la CGT, se basant sur les « fondamentaux » de l'organisation, se bat pour le slogan « régularisation de tous les sans-papiers ». Les stands du contre-sommet et la cantine de rue locale sont plantés devant le central de la télésurveillance de la ville, un luxueux immeuble paré d'immenses calicots « Pour votre sécurité ».
Le lundi les marcheurs impulsent une bonne énergie à la courte manif contre le sommet. Malgré les panneaux « Nous voulons être reçus », les marcheurs ne le seront pas. Mais Sissoko réussit à se glisser dans la conférence de presse en présence de Sarkozy et de cinq chefs d'État : il ne pourra prendre la parole, mais un journaliste de Radio Zinzine parvient à poser la question des marcheurs et de leur quête. Sarkozy répond à côté, mais pour le porte-parole du MRTSP, la partie est tout de même gagnée : « Nous avons pu faire entendre notre voix. »
Dernière nuit à Nice. Sur le parking on commente l'assaut du bateau turc par Israël. Tard dans la nuit, Ismaël raconte son périple de 68 jours, de Turquie jusqu'en France et terminé en cette même ville de Nice. Demain, Samira, de la CGT, arrachera aux flics le droit à un bain dans la méditerranée, que beaucoup de marcheurs n'ont jamais vue — ou alors, il y a longtemps, de l'autre côté… Et puis, ce sera le départ.
Le voyage, négocié la veille avec la SNCF, se fait en train de nuit. Passant en gare de Cannes, on aperçoit les copains, qui saluent le train au passage. Samia verse une larme, on se passe les numéros de téléphone, et un cubi de rosé est sorti de sous un siège. Calé dans son fauteuil, Sissoko est fatigué, mais heureux du voyage : « Nous avons vu la France solidaire. Nous avons montré à Estrosi qu'il ne maîtrisait pas tout. Même si le ministère de l'Immigration refuse de nous recevoir nous avons gagné la confiance des Français. » Evelyne renchérit : « Même si on n'a pas été reçus, la marche est une réussite. L'espoir revenu, la capacité des sans-papiers à se surpasser, l'accueil chaleureux des Français… » Quand aux marcheurs… ils veulent continuer de marcher : « Ce n'est qu'un premier pas, nous devons marcher sur Strasbourg la prochaine fois ! ». Les irréductibles, cherchant à savourer les derniers instants complices avant la fin du voyage, se sont tassés au fond du dernier wagon pour fumer et chanter, déjà nostalgiques.
Au petit matin, les camarades de la rue Baudelique sont plus de mille à attendre les marcheurs gare d'Austerlitz, les emportant en cortège vers le 18e, avec un arrêt place de la Bastille pour un salut aux camarades du piquet de grève CGT, campés sur les marches de l'opéra. Les rapports entre l'UD Paris et le MRTSP étant ce qu'ils sont, on ne s'y attarde pas trop. Hakim est songeur : « Ils sont sympas, les copains, mais en plus d'un mois, c'est la première fois qu'on démarre une manif sans petit dèj ! »… Hommage aux collectifs d'accueil qui ont bichonné les marcheurs pendant un mois. Le retour est marqué par les arrestations des militants du 9e collectif occupant le Conseil de la Francophonie et l'évacuation des occupants des marches de l'Opéra. Les temps sont durs pour les sans-papiers, la lutte continue. Un épilogue à l'odyssée a lieu le samedi suivant : tandis que Moussa part pour l'hôpital, les marcheurs retrouvent Samira de la CGT, Odile de l'Asti de Valence, Maud l'anarchiste de Lyon, camarades rencontrées sur la route et invité(e)s au rendez-vous de la manif du 5 mai devant le Ministère de l'Immigration. Chacun prend la parole devant les CRS qui bloquent le château-fort du ministre, et si Victor Hugo est introuvable, sa voix résonne encore aux oreilles des marcheurs : « Besson fait honte à la France ! Mais nous l'avons vu : il y a deux France ! Comme l'a dit Émile Zola, j'accuse le gouvernement ! Nous dénonçons cette politique. Nous n'acceptons plus que les sans-papiers soient traités comme des hors-la-loi. On est là et nous serons toujours là. Nous exigeons ce qui nous est dû : la régularisation de tous les sans-papiers ! »
À noter : la pièce des marcheurs sera donnée ce dimanche 20 juin, aux alentours de 18 h, à la parole errante d'Armand Gatti à Montreuil.
[1] Ilham Moussaïd est cette jeune fille voilée que le NPA a présenté aux Régionales de mars dernier.

