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Visite aujourd’hui au Centre de rétention de VincennesNous avons visité trois personnes dont le gréviste de la faim et celui qui a refusé d’embarquer hier. A.A., 56 ans, est en France depuis plus de dix ans. Dans un premier temps, il cogérait un café restaurant avec un ami. Il a demandé un titre de séjour sur cette base, demande qui a été refusée pour le seul motif qui’il devait retourner dans son pays pour chercher un visa d’installation. A.D., 8 ans de présence en France, a été amené par la force à l’aéroport en vue de son expulsion . Le Commandant de bord est descendu de l’avion et lui a demandé s’il acceptait d’être expulsé. La réponse fût pas dans ces conditions. Il a été amené au poste de police, puis au Centre de rétention. La troisième personne est en France depuis 15 ans. Il a fait plusieurs demandes, mais en vain. Hier, les détenus ont tous déchirés leurs cartes d’identification du centre. C’est pourquoi, nous avons attendu si longtemps à l’extérieur et une fois dans la salle de visite, le temps qu’ils en établissent d’autres. En attendant les personnes à visiter, nous avons entendu de l’agitation à l’intérieur. On croyait que c’était un match de foot. Non : il n’y a pas de place pour un terrain. Seulement des play-stations… Et cette agitation était en fait d’une autre nature. Au bout d’un moment on entend des cris – des hurlements, en fait – dans l’escalier. Comme toutes les semaines depuis mi-décembre, le camp de Vincennes est en ébullition. Lorsque les retenus déchirent leurs cartes, ils mettent le camp en panne. Les cartes servent à tout : manger, aller au Palais de Justice, au Tribunal administratif ou aux consulats, comme pour voir les médecins ou quoi que ce soit. Pour commencer, déchirer les cartes revient à faire la grève de la faim. Hier, un sans-papiers a fui du Tribunal. 9ème Collectif des sans-papiers |
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