Les retenus ont fermé leur centre

L’État accentue la chasse, politique du chiffre, rafles, fuyant la police des hommes et femmes meurent dans des conditions obscures, Chulan Liu, Reda Semmoudi, Baba Traoré... l’Europe forteresse porte à 18 mois (32 jours en France) la durée d’enfermement dans ces prisons pour étrangers appelées « Centre de Rétention Administrative » (CRA).
Face à la violence de l’enfermement, de l’expulsion, manque de soins, répression, les luttes se multiplient à l’intérieur : refus de regagner les cellules, grèves de la faim... Le 21 juin un tunisien meurt au CRA de Vincennes, vives émotions parmi les détenus. Le lendemain, le feu prend de tous côtés, le centre part en fumée. Un moment de révolte au péril de leur vie à la mesure du vécu des emprisonnés.
La menace judiciaire ne s’est pas faite attendre. Quatre sans-papiers sont arbitrairement poursuivis en parallèle d’une tentative de criminalisations des mouvements de soutien extérieur qui se manifestent depuis plusieurs mois aux abords des CRA. Comme un écho à la récente note de la Direction des affaires criminelles, qui derrière la virtuelle et très floue « mouvance anarcho-autonome » organise un traitement judiciaire qui assimile au terrorisme toutes solidarités avec les sans-papiers et toutes résistances à la violence étatique.
Cette fois la matraque n’aura pu éteindre cette véritable explosion de colère, les retenus ont fermé leur centre. Solidarité avec les enfermés ! Liberté !

Résistons Ensemble Juillet 2008
http://resistons.lautre.net/article.php3?id_article=386

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