DES SANS-PAPIERS EXPLOITES AUX ETUDIANTS RENTABLES
TRACT 20 MAI 2009 - Occupation du Haut Conseil à l'intégration.
Depuis plusieurs semaines, des étudiants, des sans-papiers et des complices de solidarité, conscients du besoin de lutter ensemble contre ce système qui entretient et exploite les inégalités sociales, se sont réunis pour organiser des actions communes. Le gouvernement et le patronat œuvrent à la stigmatisation de l'autre, à la guerre de tous contre tous. Français / immigrés, salariés du public / salariés du privé, grévistes / usagers, ces distinctions sont des constructions du pouvoir, qui visent à affaiblir et isoler tous ceux qui voudraient lutter. C'est pourquoi, par la lutte, nous entendons dépasser les divisions qui nous sont imposées.
L'université n'est pas déconnectée de la société, et participe d'une logique sociale et économique que nous contestons. Sa défense ne peut se baser que sur une critique du rôle qu'elle tient dans la société. Les savoirs qui y sont enseignés préparent à accepter et reproduire les schémas du pouvoir et à rechercher une place dominante dans les rapports sociaux. Parmi les étudiants et les personnels qui doivent faire face à la précarisation de leur statut et à l'exploitation de leur force de travail, des sans-papiers sont isolés et réprimés sous prétexte de leur situation administrative. L'université et l'école sont devenus des lieux de répression des sans-papiers (arrestations dans ou devant les écoles, surveillance du cursus universitaires des étrangers par les préfectures, fichier base élèves etc...).
De la même manière, la sélection au sein de l'université n'est qu'une étape de plus de la sélection sociale à tous les niveaux : la sélection pour le droit au séjour et l’accès aux droits, à l’éducation, à la santé, au logement, etc., et l’évaluation sur des critères de performance et de rentabilité. Ce type de gestion des populations, basée sur la concurrence et soutenue par la répression, suit la même logique économique que l'immigration « choisie ». L'exploitation des « ressources humaines » mondiales par nos économies industrielles est déjà organisée : la construction de nouveaux centres de rétention aux frontières de l'Europe, le prolongement de la durée légale de rétention administrative à 18 mois ou les expulsions de migrants sont des mesures répressives dictées par des exigences de rentabilité qui servent le marché de l'immigration.
Aujourd'hui les étrangers continuent à subir la politique du chiffre et de l'arbitraire, à être raflés, enfermés, surexploités, les familles et les vies à être brisées, celles de tous les sans-papiers, et bientôt aussi de tous ceux qui leur sont solidaires : 28000 expulsions de sans-papiers, 5500 arrestations de complices de solidarité en 2010.
Continuons à construire et renforcer des réseaux de solidarité pour imaginer le monde de demain au-delà des frontières, qu'elles soient sociales ou territoriales. Nous entendons démontrer qu'il n'est pas possible de remettre en cause l'une ou l'autre des politiques des différents gouvernements qui se sont succédés sans combattre l'organisation sociale et économique qui les génère. De nombreux secteurs sont aujourd'hui dans des dynamiques de mobilisation ou déjà en grève, et les initiatives communes se multiplient. Ce n'est que par la convergence de nos luttes que nous pourrons généraliser les liens entre les différents secteurs et construire un rapport de force durable.
Fermeture des centres de rétention !
Arrêt des rafles et des expulsions !
Régularisation de tous les sans-papiers !
Ouverture des frontières !
Le 9ème COLLECTIF DES SANS-PAPIERS et les ETUDIANTS EN LUTTE.

