Comité de soutien de Mr. BENALOUACH
Comité de soutien de Mr. BENALOUACH
Des proches et des ami-e-s s’expriment.
Mr Abdel Krim BENALOUACH, de nationalité algérienne vit en France depuis 8 ans. Vendredi dernier, il a été arrêté et conduit en centre de rétention à Vincennes.
Hier, 13 mars 2008, le Tribunal Administratif a rejeté sa demande d’annulation d’Arrêté Préfectoral de Reconduite à la Frontière, malgré la présence de sa compagne et une salle remplie de ses ami-e-s ; malgré la procédure entamée aux Prud’hommes de Nanterre contre son ancien employeur qui l'a exploité pendant plus de 2 ans et qui lui doit la modique somme de 30 000 euros…
Dans sa plaidoirie, son avocate a insisté sur l’indispensable présence de Mr Benalouach lors du jugement prud’homal fixé au 28 octobre 2008 : dans cette procédure de face à face, « parole contre parole », Mr Benalouach a impérativement besoin d’être identifié par les témoins comme ancien salarié de l’entreprise (ce qui ne peut se faire qu’avec sa présence physique au Tribunal).
C’est au titre d’ami-e-s et de proches que nous soutenons Mr Benalouach dans sa démarche de défense des droits du travail, et dans sa volonté de continuer à vivre en France au milieu des siens, de ceux et celles qu’il a choisit, de ceux et celles qui l’accompagnent depuis de nombreuses années.
Et c’est en tant que citoyens que nous nous offusquons de cette machine à expulser qui s’exerce à l’encontre des sans papiers : hier au tribunal, des hommes, parfois pères de famille, prouvaient plus de dix ans de présence sur le territoire, un autre était installé en France depuis 1988 ! Avant-hier, au palais de justice, une femme seule dans la salle attendait la comparution de son mari, tenant un bébé de 4 mois dans les bras... Que se passe t-il ?
Les travailleurs sans papiers n'ont que peu de marge de manœuvre pour faire valoir leurs droits, principalement parce que la législation française certifie qu'ils n'en ont pas. Or dans ce cas précis Mr Benalouach a décidé de se battre contre les employeurs trop peu inquiétés d'exploiter une main d'œuvre malléable et bon marché.
Le cas de notre ami n’est pas isolé, nous pouvons lire régulièrement dans la presse de telles injustices et quelques éclaircies, comme les luttes des travailleurs du restaurant de la Grande Armée à Paris, de Buffalo Grill, Modelux ...
Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider notre ami. Tous ses projets sont en train de s’écrouler. Il tient à témoigner à la fois de l’exploitation des travailleurs sans papier par des patrons peu scrupuleux, et d’une justice d’abattage, déshumanisée, qui ne se préoccupe que des situations administratives en laissant de côté les droits du travail et les droits de l’Homme.





